Le défi européen de 2004 réside également dans un phénomène démographique qui aura des répercussions sur la taille et la structure de la population de l'UE. Il ne fait aucun doute que la population est un facteur déterminant pour les perspectives économiques d'un pays, notamment en matière de cohésion économique et sociale et de marché du travail.
Le Comité des régions exprime sa profonde préoccupation face au manque de sensibilisation et à la sous-estimation de l’importance des tendances démographiques, et sa conviction que les politiques économiques et de l’emploi ne peuvent être efficaces que si elles tiennent compte des circonstances démographiques.
Cet aspect est fondamental pour la mise en œuvre des réformes nécessaires dans des pays comme la Lituanie, la Lettonie, la Pologne et la Slovaquie, qui connaissent des taux de chômage élevés. On croit souvent qu'une diminution de la population résoudra ce problème. Or, cela s'avère faux en cas de déséquilibre entre l'offre et la demande de main-d'œuvre. La taille, la structure et la qualité de la main-d'œuvre sont toutes influencées par les tendances démographiques.
Le Comité estime également que l'élargissement prévu de l'Union pourrait avoir un impact considérable sur la structure démographique de la population active de l'UE. À cet égard, il convient de mentionner les importants flux migratoires vers les zones les plus attractives économiquement, qui entraînent un dépeuplement des zones rurales et une urbanisation, phénomène beaucoup plus marqué dans les pays candidats.
Le rôle que peuvent jouer les fonds et programmes structurels européens à cet égard est très important ; l’utilisation préventive de ces fonds est également nécessaire dans les régions où l’évolution démographique menace d’aggraver le déclin économique.
Le Comité des régions met en garde les États membres contre les risques liés aux politiques financières, de sécurité sociale et de retraite à court terme, qui feront peser une charge financière disproportionnée sur la génération suivante, notamment dans la perspective de l’Union économique et monétaire.
Le vieillissement démographique touche également les pays candidats, mais dans une bien moindre mesure que dans les pays de l'UE. De ce fait, le nombre plus important de retraités et l'allongement de la durée des pensions rendent nécessaire une refonte du système de retraite actuel. Les coûts des soins médicaux pour les personnes âgées connaîtront une croissance exponentielle. Les progrès technologiques, l'augmentation de la consommation de soins de santé et l'allongement de l'espérance de vie feront exploser les dépenses.
Les tendances démographiques des douze pays candidats étudiés par la Commission révèlent une réalité quelque peu différente de celle des États membres de l'UE. Contrairement à la faible croissance démographique de l'UE, la population de la plupart des pays candidats devrait diminuer. L'espérance de vie y est globalement plus faible qu'au sein de l'UE et la mortalité infantile y est plus élevée.



