Ouverture de nouveaux marchés pour les entreprises aragonaises. ENTRETIEN AVEC JESÚS VICENTE, directeur général de la Société instrumentale pour la promotion du commerce aragonais (SIPCA)

– Quelles sont les origines de SIPCA ?
Depuis 1993, SIPCA a ouvert plusieurs bureaux commerciaux. Initialement, ces bureaux étaient situés en Amérique du Sud et en Europe, mais les difficultés d'exportation vers l'Europe ont disparu depuis. Nous avons donc dû ouvrir un bureau en France, en Italie, en Angleterre et en Allemagne. Avec le développement des échanges commerciaux entre les entreprises aragonaises et ces pays européens, ces bureaux ont fermé leurs portes afin de répondre à la demande de marchés plus éloignés et moins familiers. Aujourd'hui, le marché européen est considéré comme un marché domestique ; nous avons donc également ouvert des bureaux aux États-Unis et en Europe de l'Est, et auparavant en Chine, au Japon et en Thaïlande.
– Quels sujets avez-vous abordés lors de la récente réunion que vous avez tenue à Saragosse avec tous les délégués des bureaux de la SIPCA ?
L'issue de cette réunion a été très positive. Nous avons principalement discuté du nouveau modèle approuvé par le membre du conseil d'administration, qui ouvre de nouvelles perspectives pour accroître la capacité opérationnelle et offrir un accompagnement plus personnalisé à chaque entreprise de son secteur. Grâce à différentes mesures, nous proposons le recrutement, au cas par cas et dans chaque pays, de commerciaux sectoriels indépendants des directeurs généraux, avec la possibilité de constituer des consortiums dans le pays de destination grâce à cette approche spécialisée. Ainsi, nous surmontons les contraintes géographiques qui, malgré les progrès technologiques, demeurent un frein. Ne pouvant maintenir un nombre illimité de bureaux, nous avons mis en place un programme qui dispense les entreprises souhaitant exporter de la création d'une entité juridique distincte. De ce fait, le simple contrat conclu avec SIPCA suffit à ouvrir un nouveau marché à toute entreprise, partout dans le monde. Un éventuel contrat dans le pays de destination pourrait servir de base à l'ouverture d'un bureau dédié. L'avenir et les différentes opportunités nous le diront, tout comme le nombre d'entreprises potentiellement intéressées par un pays donné.
L’accueil de tous les délégués a été très positif, chacun reconnaissant la grande capacité opérationnelle de cette nouvelle méthodologie qui nous permet d’optimiser les ressources dont nous disposons.
– Comment SIPCA se fait-elle connaître sur le territoire aragonais, en proposant ses services aux entreprises qui souhaitent les utiliser ?
Les actionnaires de SIPCA sont le Département de l'Industrie, du Commerce et du Développement du Gouvernement d'Aragon, dirigé par le conseiller Jesús Porta ; les trois Chambres de Commerce et d'Industrie (Saragosse, Huesca et Teruel) ; la CREA (Confédération Régionale des Entrepreneurs d'Aragon) ; et la CEPYME (Confédération Espagnole des Petites et Moyennes Entreprises). Les entreprises nous contactent principalement par l'intermédiaire de ces organisations.
La recherche d'opportunités d'exportation inversée s'avère la plus fructueuse pour nous ; autrement dit, nous travaillons toujours dans les deux sens. Une entreprise contacte SIPCA et exprime son intérêt pour l'exportation, en précisant ou non le pays de destination. C'est alors que débute notre accompagnement complet sur le produit et le marché. Autre approche : chaque délégué identifie les opportunités dans son pays, nous les communique, et nous devons ensuite trouver une entreprise locale capable de répondre à cette demande. Les opérations inversées constituent un moyen très direct de se lancer à l'export.
– Quelles actions promotionnelles ont été prévues pour les entreprises aragonaises en 2002 ?
Le programme de promotion consiste principalement à participer à des salons professionnels où notre présence est déjà traditionnelle, comme en Allemagne (au salon de la chaussure de Düsseldorf), au Japon (au salon de l'alimentation de Tokyo) ou aux États-Unis et au Brésil (avec des promotions directes).
Par ailleurs, nous nous efforçons de répondre aux demandes de chaque entreprise. Nous devons composer avec les spécificités de chacune. Nombre d'entre elles nous sollicitent pour participer à des salons professionnels ou organiser des actions de promotion directe.
Par ailleurs, nous effectuerons cette année une visite promotionnelle auprès de chacune des délégations que nous avons actuellement, comprenant des rencontres avec les agents sociaux du pays et avec des clients potentiels, au cours desquelles des dégustations culinaires seront proposées, entre autres activités.
Par ailleurs, grâce à un accord conclu entre la SIPCA et quatre autres agences régionales de promotion des exportations, nous avons obtenu un programme, sous réglementation bruxelloise, qui nous permettra de promouvoir nos produits alimentaires. Trois pays – le Brésil, le Canada et le Japon – ont été sélectionnés pour y présenter nos produits, ainsi que ceux des quatre autres régions espagnoles, pendant trois ans.
– Ne pensez-vous pas que le faible niveau d'activité à l'exportation en Aragon soit en partie dû à un problème de politique régionale ?
Non, s'il y a un responsable, ce sont plutôt les entreprises elles-mêmes. Je ne pense pas qu'il soit pertinent de désigner des coupables. Chaque communauté autonome a sa propre situation. Les entreprises qui se développent à l'international le font avec un mérite indéniable et de manière exemplaire.
– Quel jugement porteriez-vous sur l’introduction de l’euro et la présidence espagnole de l’Union européenne ?
L'euro nous assurera une monnaie stable. C'est le moment idéal pour saisir les opportunités commerciales et d'investissement, et pour développer des partenariats en vue d'une coopération au sein de réseaux de production ou de commercialisation.
Concernant la présidence espagnole de l'UE, j'espère que nous pourrons profiter de cette formidable opportunité à travers toute l'Espagne pour mieux faire connaître notre pays, tant au sein qu'à l'extérieur de l'UE.

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