Le ministre de l'Industrie, du Commerce et du Développement du gouvernement aragonais, Arturo Aliaga, a pris ses fonctions il y a environ six mois. Depuis, il s'emploie activement à redynamiser un ministère qui avait perdu de son dynamisme. « Nous devons prendre des risques et croire au potentiel de cette région », a-t-il déclaré. Et c'est précisément ce qu'il fait, en soutenant des projets importants pour stimuler l'économie aragonaise.
– Dans une interview accordée à notre magazine il y a quelques mois, vous avez indiqué avoir plusieurs projets prioritaires en tête, dont le Plan Miner et le Parc technologique de Huesca. Où en sont les négociations concernant ce dernier ?
Arturo Aliaga, lors de l'interview accordée à MONEDA ÚNICA
Ces derniers mois, nous avons au moins réussi à consolider le projet Walqa. Nous avons déjà signé des accords avec Telefónica R&D pour l'installation de cinq laboratoires ; Vodafone pour des travaux dans le domaine de la téléphonie mobile ; et Microsoft Espagne, avec qui nous avons signé un accord important qui permettra l'ouverture d'un laboratoire de tests d'applications logicielles pour les PME. Il convient également de souligner le groupe Meflur Communications, qui développera un projet de réparation de téléphones mobiles de dernière génération, créant ainsi 60 emplois, ainsi qu'une autre entreprise d'instrumentation et de composants, qui s'installera dans un troisième bâtiment pour lequel nous avons lancé un appel d'offres ; Barrabés Internet ; Wonderlabs ; Webdreams ; et Lab Mobile, ce dernier étant spécialisé dans la réparation de téléphones mobiles, un secteur actuellement en forte demande.
En résumé, je leur parlais d'un projet phare, de l'arrivée d'un acteur majeur, et je crois que cet objectif est déjà atteint avec la présence, pour l'instant, de toutes ces entreprises. Je tiens également à souligner que nous prévoyons d'agrandir le parc et que nous sommes en contact avec l'Université de Saragosse pour concevoir un master en gestion des connaissances et Internet, axé sur les nouvelles technologies de l'information adaptées aux communications.
En résumé, au cours de ces six mois passés à la tête de ce département, je peux dire que je suis satisfait du travail accompli, même si, comme vous le savez, on n'est jamais aussi satisfait qu'on le souhaiterait.
Cependant, Walqa a essuyé de nombreuses critiques. On a évoqué des engagements personnels qui auraient nui à l'esprit d'entreprise et au développement des nouvelles technologies en Aragon.
Comme vous le savez, le projet Walqa est une initiative lancée en partenariat avec Barrabés Internet, un incubateur de nouvelles technologies en Aragon. Il ne m'appartient pas de critiquer mes prédécesseurs, mais je peux affirmer avoir donné une nouvelle orientation au projet, ouvert Walqa à l'ensemble du secteur économique aragonais et, concernant le conseil stratégique aux PME et les projets précompétitifs, créé des opportunités de financement pour permettre à d'autres entreprises d'y participer. Je tiens en tout cas à souligner l'importance de cette phase initiale, car elle a permis de consolider le projet tel qu'on le connaît aujourd'hui.
Le secteur sait désormais qu'il est entendu. L'administration ne peut ni agir ni légiférer contre les personnes directement concernées par le problème, et ce, sans les consulter.
– Parlons du commerce extérieur, et plus précisément du Plan coordonné pour l'internationalisation de l'Aragon 2003 : quelles nouveautés va-t-il introduire ?
Ce que nous appelons le Plan d'internationalisation coordonné de l'Aragon s'articule autour de plusieurs axes prioritaires. Premièrement, il s'agit d'un plan consensuel, élaboré conjointement par les Chambres de Commerce, les organisations patronales et les autorités régionales et nationales, qui met à la disposition de toutes les entreprises aragonaises l'ensemble des outils de promotion du commerce extérieur. Deuxièmement, des stagiaires basés dans différents pays rédigent des rapports et prodiguent des conseils sur les modalités d'exportation. Nous proposons également un soutien promotionnel, notamment lors de salons professionnels. Avec Cepyme-Aragon, nous avons récemment conclu un accord visant à établir des contacts avec des organisations patronales d'Europe de l'Est, permettant ainsi aux entreprises aragonaises d'accéder à ces marchés. Enfin, la SIPCA, Société Instrumentale pour la Promotion du Commerce Aragonais, dispose de 17 bureaux commerciaux qui accompagnent les entreprises dans leur démarche d'internationalisation.
Introduire de nombreuses nouveautés dans le commerce international n'est pas chose aisée. Notre objectif, à terme, est de permettre aux petites et moyennes entreprises d'accéder progressivement aux marchés étrangers.
– Vous dites qu’il existe de multiples instruments pour soutenir les exportations et que le Plan est caractérisé par le consensus, mais ne pensez-vous pas que les actions se chevauchent entre les différentes administrations et organisations impliquées ?
Vous avez raison. Un homme d'affaires m'a donné un exemple très clair : lorsqu'il a décidé d'exporter, il s'est d'abord adressé au gouvernement d'Aragon, qui lui a proposé des subventions pour participer à des salons professionnels. Ensuite, souhaitant constituer un consortium, il a dû se rendre à la Chambre de commerce et d'industrie, et comme il s'agissait d'un consortium basé dans le pays de destination, il a dû contacter ICEX, qui a transmis sa demande à Madrid.
Certes, de nombreux organismes se chevauchent, mais nous sommes des administrations distinctes. Au sein des Communautés autonomes, nous sommes responsables de la mise en œuvre des programmes et de l'aide au commerce extérieur, en fonction des spécificités de notre région.
– Je vous ai entendu dire à plusieurs reprises que l'Aragon avait besoin d'attirer des capitaux étrangers. Qu'offre l'Aragon aux entrepreneurs qui souhaitent investir dans cette région ?
Actuellement, des projets visant à attirer les investissements sont en cours. Je pense notamment à Walqa et Plaza. Par ailleurs, le programme INVEXTA, de l'Institut aragonais de développement, est un instrument qui, d'une part, contribue à fidéliser les investissements étrangers en Aragon, afin d'adapter le soutien public à leurs besoins réels ; et d'autre part, à optimiser l'utilisation des investissements réalisés par ces entreprises en Aragon, garantissant ainsi l'effet multiplicateur de leurs projets sur le développement de la Communauté autonome.





