Cette année, les grands groupes hôteliers ont mené une politique de désinvestissement qui a atteint une valeur de 10.000 milliards d'euros en Europe, ce qui n'a pas empêché l'offre hôtelière de progresser à un rythme de 3,7 %, selon les données recueillies dans l'étude réalisée par le cabinet de conseil français MKG.
Le groupe français Accor a été le premier à opter pour une stratégie de désinvestissement. « L’optimisation du portefeuille hôtelier d’Accor passe par l’adaptation des modèles opérationnels en fonction de la rentabilité des actifs. L’entreprise a lancé un audit de ses actifs afin de déterminer quels hôtels sont stratégiques et seront conservés à long terme, et quels hôtels ne le sont pas et peuvent être vendus, avec ou sans maintien de la gestion », a expliqué le groupe français la semaine dernière lors de l’annonce de sa nouvelle politique.
La nouvelle stratégie d'Accor prévoit la cession d'actifs immobiliers afin de lever des fonds et d'accélérer son plan d'expansion, axé sur la gestion et la location plutôt que sur la propriété des bâtiments. Le groupe entend poursuivre cette politique pendant les trois prochaines années. Cette cession, qui devrait être effective d'ici 2008, devrait générer environ 1.500 milliard d'euros pour la chaîne hôtelière.
Le groupe français a été suivi par d'autres comme Intercontinental, qui a engrangé 3.353 milliards d'euros grâce à la vente de 144 hôtels, Hilton, qui a réalisé le même montant en vendant un ensemble d'établissements non rentables pour se concentrer sur d'autres marchés, et d'autres transactions de moindre envergure comme B&B, vendu par Duke Street au groupe Eurazeo, et le rachat de la chaîne Taittinger par le groupe Starwood.
Malgré ces évolutions récentes, l'offre hôtelière a continué de croître en 2005 à un rythme de 3,7 %. Selon l'étude MKG, Accord demeure la première chaîne hôtelière en Europe grâce à une augmentation de 4 % de son parc hôtelier l'an dernier. Au total, le groupe, propriétaire de marques telles qu'Ibis, Formula 1 et Sofitel, compte 235 205 chambres réparties dans 2 159 hôtels. La deuxième place du classement est occupée par la chaîne américaine Best Western, qui compte 1 126 hôtels, soit une augmentation de 2,7 % de son parc hôtelier.
Concernant les groupes hôteliers espagnols, MKG classe Sol Meliá au sixième rang des chaînes hôtelières européennes, derrière Louvre Hotels et Hilton, avec une croissance de 2 % de son portefeuille, totalisant 205 établissements et 43 083 chambres. NH Hotels, quant à lui, occupe la dixième place avec 200 établissements et 28 037 chambres, soit une augmentation de 3 % par rapport à 2004.
L'industrie hôtelière espagnole la plus forte et la plus stable
L’industrie hôtelière espagnole a fait preuve d’une grande stabilité et d’une grande vigueur, malgré la stagnation de l’activité et du tourisme sur certains marchés émetteurs comme l’Allemagne, comme le montre l’étude du cabinet de conseil français MKG.
Outre les cessions d'actifs, les chaînes hôtelières ont opté pour d'autres stratégies de croissance. NH a entamé son expansion en Italie en ouvrant de nouveaux établissements et s'est attachée à consolider sa position sur le marché néerlandais, où elle compte déjà 30 hôtels.
De son côté, Sol Meliá a opté pour la diversification de sa marque en créant une coentreprise, « Lifestar Hotels », avec la société nord-américaine Hard Rock, avec laquelle ils géreront conjointement le premier hôtel Hard Rock en Europe, qui ouvrira ses portes au printemps prochain à Madrid.





