Le déficit commercial pèse sur l'économie espagnole.

Bonet prévoit une légère amélioration pour 2006


Le secteur extérieur a amputé la croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,9 % en 2005, un chiffre négatif confirmé mercredi dernier par le secrétaire général au Commerce extérieur, Alfredo Bonet. Le déficit commercial s'est creusé de 28,3 % l'an dernier – soit trois points de pourcentage de moins qu'en 2004 – pour atteindre 77 812,6 millions d'euros, un montant équivalent à 8,6 % du PIB, marquant ainsi un nouveau record historique de déficit pour cette balance.
Le creusement du déficit commercial résulte d'une hausse de 4,8 % des exportations espagnoles, qui atteignent 153 559 millions d'euros, et d'une augmentation de 11,7 % des importations, totalisant 231 371,6 millions d'euros. Le taux de couverture annuel s'établit à 66,4 %, soit 4,3 points de pourcentage de moins qu'en 2004.
Malgré cette augmentation significative du déficit commercial en 2005, qui a atteint des niveaux records, Bonet a attribué une partie de cette hausse à des « facteurs conjoncturels », tels que l'augmentation de 42 % du prix du pétrole brut (qui a contribué à hauteur de 3,2 % à l'augmentation des importations), la « lenteur » de la zone euro, principal partenaire commercial de l'Espagne, et la vigueur de la demande intérieure, qui tire les importations vers le haut.
Bonet a également évoqué le ralentissement de la croissance des économies européennes, principaux partenaires commerciaux de l'Espagne.
Selon les données de l'INE, la vigueur de la demande intérieure, qui a progressé de 5,3 %, a également contribué au besoin d'importations.
Prévisions
Alfredo Bonet a souligné que « les solutions à court terme pour corriger le déficit extérieur n'existent pas ; l'appartenance de l'Espagne à l'UE rend impossible l'adoption de mesures de choc à court terme, telles que le recours à la politique monétaire, de sorte que l'ajustement doit provenir d'une amélioration de la compétitivité de l'économie espagnole à l'étranger », a-t-il insisté.
Cependant, le secrétaire général au Commerce extérieur, Alfredo Bonet, a prédit une amélioration du secteur extérieur pour 2006, qui, bien que sa contribution au PIB reste négative, pourrait soustraire « un peu plus d'un point ». 
Selon Bonet, cette légère amélioration serait conditionnée au maintien du prix du pétrole à des niveaux similaires au niveau actuel (environ 61 dollars le baril) et à la stabilité du taux de change euro-dollar.
En outre, il a prédit qu'une amélioration de la croissance de la zone euro et du commerce mondial, ainsi qu'une modération du taux de croissance de la demande intérieure espagnole, entraîneraient une réduction des importations.
Pour inverser la tendance dans le secteur extérieur, il est nécessaire de « faire un effort » pour adapter le modèle d'exportation au marché international, ce qui exige que l'Espagne soit plus compétitive, en promouvant des secteurs à plus forte valeur ajoutée et en modifiant l'orientation des exportations « qui est très biaisée en faveur de l'UE », a-t-il conclu.

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