Ebury, perspectives hebdomadaires sur les devises
La semaine dernière, l'euro a continué de s'apprécier, à contre-courant et sortant de sa fourchette de négociation précédente, clôturant la semaine en hausse de 3 % face au dollar et à la livre sterling. Cette progression, bien que motivée par la faiblesse des données du PIB du premier trimestre aux États-Unis et au Royaume-Uni, est considérée comme exceptionnelle par son ampleur.
Un autre facteur ayant alimenté la hausse de l'euro a été la liquidation d'un grand nombre de positions spéculatives fondées sur une nouvelle appréciation du dollar. Les données relatives aux positions des investisseurs indiquent qu'un nombre significatif de ceux qui pariaient sur un dollar plus fort et un euro plus faible ont liquidé leurs positions en début de semaine ; toutefois, les investisseurs continuent d'anticiper un dollar plus fort. Il semble évident que la prochaine hausse du dollar devra attendre des données macroéconomiques américaines positives ou une liquidation beaucoup plus complète des positions de marché.
EUR
Les données économiques de la zone euro ont été mitigées pour la deuxième semaine consécutive, suggérant un ralentissement de la croissance après l'accélération observée depuis le début de la politique d'assouplissement quantitatif de la BCE. Le climat économique s'est légèrement dégradé, confirmant les indices PMI négatifs de la semaine précédente. Les chiffres des ventes au détail de mars ont réservé une mauvaise surprise, avec une baisse de 2,3 % en Allemagne et de 0,8 % dans la zone euro. Malgré ce repli, les indicateurs jusqu'en mars étaient très positifs et les ventes au détail affichent toujours une croissance de 3 % au premier trimestre, même si la consommation manque quelque peu de dynamisme. Ces éléments n'ont pas pesé sur l'euro. Les données décevantes en provenance du Royaume-Uni et des États-Unis, conjuguées à l'optimisme suscité par les discussions entre l'Eurogroupe et le gouvernement grec, ont soutenu la monnaie unique, qui a clôturé la semaine aux alentours de 1,12 dollar.
GBP
Les chiffres de la croissance du PIB britannique au premier trimestre ont été décevants et inférieurs aux attentes du marché, y compris les nôtres. La croissance annualisée n'a atteint que 1,2 %, nettement en deçà des 2 % prévus par la plupart des analystes. Bien que les estimations initiales soient souvent révisées à mesure que de nouvelles données sont disponibles, ce ralentissement s'explique par des raisons sous-jacentes évidentes. Par ailleurs, l'indice PMI manufacturier d'avril a également été inférieur aux prévisions, chutant fortement de 54 à 51,9. En conséquence, les marchés anticipent une hausse des taux d'intérêt de la Banque d'Angleterre, ce qui commence à peser sur la livre sterling et entraîne sa dépréciation face à l'euro et au dollar. Tous les regards sont désormais tournés vers les élections générales et l'incertitude qui plane sur la formation d'un gouvernement stable.
USD
La semaine dernière, les chiffres décevants de la croissance économique américaine ont fait la une des journaux. Les données indiquent un ralentissement de l'économie, avec une croissance quasi imperceptible de 0,2 % (les prévisions tablaient sur 1 %). La question cruciale demeure : ce ralentissement est-il dû à un hiver rigoureux ou est-il le symptôme d'une récession plus durable ? Les déclarations du FOMC (Comité fédéral de l'open market) mercredi dernier ont indiqué qu'« une partie de ce ralentissement était due à des facteurs temporaires ». Les dernières données sur les demandes d'allocations chômage ont de nouveau chuté à leur plus bas niveau depuis 15 ans, tandis que l'indice du coût du travail a révélé une croissance des salaires de 2,6 %, un chiffre qui indique clairement une tendance à la hausse. Le rapport sur le marché du travail de cette semaine sera particulièrement important et servira de référence aux économistes pour mesurer la vitesse de la reprise américaine.





