Le secteur agroalimentaire espagnol bat des records à l'exportation, mais doit relever le défi de la productivité et de l'innovation.

Le secteur agroalimentaire espagnol consolide sa position de pilier stratégique de l'économie nationale, avec des exportations record estimées à 79.000 milliards d'euros d'ici 2025. Il est toutefois confronté à des défis majeurs en matière de productivité, d'innovation et de renouvellement des générations. Telles sont les principales conclusions de la neuvième édition de l'« Observatoire du secteur agroalimentaire espagnol dans le contexte européen », réalisée par la Fondation Groupe Cajamar et l'Ivie (Institut valencien de recherche économique). Ces conclusions ont été présentées par le président de Cajamar, Eduardo Baamonde, lors d'une cérémonie de clôture présidée par le ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Luis Planas.

Un pilier économique aux chiffres records

Le rapport souligne l'importance capitale du secteur pour l'économie espagnole. Selon les données présentées par Joaquín Maudos, directeur adjoint de la recherche à l'Ivie, le secteur agroalimentaire dans son ensemble a contribué à hauteur de… 9 % du PIB national en 2025, ce qui se traduit par 137.000 millions d'euros en loyers, salaires et avantages sociaux. De plus, cela a généré 11,5 % de l'emploi total, fournissant des emplois à 2,6 millions de personnes. « Nous sommes la quatrième puissance européenne en termes de production dans ce secteur et la troisième en termes d'emploi. »Maudos l'a souligné.

L'un des chiffres les plus significatifs est celui des exportations record, qui ont atteint 79.000 milliards d'euros. Maudos a souligné un aspect clé de cette réussite : «Cette année, nous y sommes parvenus en augmentant les quantités, et non les prix, et non en maîtrisant l'inflation.»Ce dynamisme extérieur se reflète également dans la balance commerciale. Ignacio Atance, directeur du département Recherche et Publications de la Fondation Groupe Cajamar, a souligné que l'Espagne a clôturé l'année 2025 avec plus de 18.000 milliards d'euros d'excédent extérieurCela contraste fortement avec la situation des autres géants européens : « Pour la première fois consécutive, la France affiche une balance commerciale négative. ».

Productivité et innovation, les grands défis

Malgré la solidité des chiffres, l'observatoire met en lumière plusieurs faiblesses structurelles qui menacent la compétitivité future. Le principal problème identifié est le suivant : faible productiviténotamment dans le secteur de la transformation et de la commercialisation. Selon Maudos, le secteur améliore sa compétitivité. « au détriment de la réduction des coûts de main-d'œuvre, et ce n'est pas la solution la plus appropriée. »Cette situation, explique-t-il, limite les possibilités d'augmentation des salaires, même si, dans le secteur primaire, touché par le manque de renouvellement des générations, « Il y a une marge de manœuvre pour augmenter les salaires. » pour attirer la main-d'œuvre.

Un autre défi majeur est l'innovation. Le rapport révèle un écart important avec nos partenaires européens. « Notre retard en matière d'innovation par rapport à l'Europe est de 30 %. »Maudos a averti. Cela signifie que l'investissement en R&D, en pourcentage de la valeur ajoutée du secteur, est inférieur d'un tiers à la moyenne de l'UE. «Nous devons investir dans l'innovation et aussi dans la numérisation.», il a insisté.

Ignacio Atance a réitéré cet avertissement, soulignant que, même si la tendance générale est très positive, il convient de prêter attention à certaines variables pour préserver le caractère stratégique du secteur. « La productivité est la variable clé pour que ce qui fonctionne aujourd'hui continue de fonctionner, et nous avons détecté certains signes d'épuisement à l'observatoire que nous devons examiner plus en détail. »Il a conclu : « Ces défis sont aggravés par d’autres enjeux transversaux tels que la durabilité et les risques géopolitiques, qui influent sur le coût des intrants essentiels comme les engrais et le transport. »

Questions et réponses clés

Quel est le poids du secteur agroalimentaire dans l'économie espagnole ?

Le secteur agroalimentaire espagnol représente 9 % du produit intérieur brut (PIB), générant 137.000 milliards d'euros, et 11,5 % de l'emploi total, soit 2,6 millions de travailleurs. De plus, il a atteint un niveau record d'exportations de 79.000 milliards d'euros en 2025.

Quels sont les principaux défis auxquels est confronté le secteur agroalimentaire en Espagne ?

Les principaux défis sont la faible productivité, notamment dans l'industrie manufacturière ; les investissements en R&D&I, inférieurs de 30 % à la moyenne de l'Union européenne ; le manque de renouvellement générationnel dans le secteur primaire ; et l'adaptation au développement durable et aux risques géopolitiques.

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