Les secteurs du textile et de la construction sous les projecteurs

Aperçu des risques sectoriels de Coface


« Le ralentissement de la croissance, la hausse des prix des matières premières et de l’énergie, ainsi qu’une concurrence intense ont fait de 2005 une année moins favorable pour de nombreux secteurs », note Coface dans son bulletin des risques sectoriels de février. L’entreprise ajoute que « la notation de nombreux secteurs a baissé : transport aérien, textile, chimie, automobile et industrie pharmaceutique ».
L’assureur explique également que « la légère baisse du prix des matières premières ainsi que la tendance favorable de la demande mondiale, tirée par la reconstitution des stocks et le dynamisme des investissements industriels, laissent présager des effets positifs pour l’année 2006. »
L'innovation technique contribuera au dynamisme de divers secteurs. Cependant, les marges bénéficiaires des entreprises seront fortement impactées, car « une concurrence intense réduit les possibilités de répercuter les coûts de production élevés sur les prix de vente », affirme Coface.
Par ailleurs, l'assureur explique que la hausse continue des taux d'intérêt pourrait entraîner une augmentation des coûts financiers. De même, les coûts pourraient augmenter en raison du durcissement des réglementations environnementales et sanitaires, tant au niveau national qu'international.
Enfin, dans de nombreux pays émergents, comme la Chine, la demande explosive et/ou l'abondance des matières premières attirent des investissements qui conduisent parfois à une surcapacité.

Grande distribution

L’augmentation des coûts de transport et d’emballage supportés par les fournisseurs et le coût plus élevé de l’aménagement des entrepôts et des points de vente ne compromettent pas la situation financière satisfaisante du secteur de la grande distribution selon Coface (qui conserve sa notation A-), bien qu’il existe des exceptions en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Japon.

Automobile
Le secteur automobile a vu sa notation abaissée (à B) en raison de la situation difficile de deux grands constructeurs américains et de leurs équipementiers, ce qui détériore le niveau de risque de l'ensemble du secteur.
En 2006, le marché mondial pourrait croître de 4 %, toujours tiré par les pays émergents. Les deux principaux constructeurs américains, GM et Ford, perdent des parts de marché et font face à de graves difficultés financières, aggravées par le poids de leurs engagements sociaux.
En Amérique du Nord, l'année 2005 s'est achevée sur une production stagnante et une hausse des ventes de seulement 1 %. Cette tendance devrait se poursuivre en 2006. Cependant, le marché n'est pas favorable à tous les acteurs. À l'exception de Daimler Chrysler et de BMW, les constructeurs nord-américains et européens continuent de perdre des parts de marché au profit des marques asiatiques.
Les restructurations et les délocalisations s'enchaînent afin de rétablir ou d'accroître la rentabilité.

BTP

L'activité de construction en 2005 a été marquée par une forte croissance du logement privé, une reprise de la construction non résidentielle et des retards persistants dans les projets de travaux publics. En 2006, la hausse des taux d'intérêt et une baisse potentielle des prix de l'immobilier constituent un risque pour la construction résidentielle dans certains pays. Sauf changement significatif, la construction résidentielle devrait ralentir progressivement, tandis que la construction non résidentielle devrait s'accélérer. La santé financière des entreprises dépend largement du dynamisme de leurs marchés nationaux. La hausse des coûts de production peut être facilement répercutée sur le prix de vente dans les régions les plus dynamiques, mais elle a un impact beaucoup plus important sur les marges des entreprises opérant sur des marchés moins prospères, comme l'Allemagne et le Japon.

Textiles et vêtements

Les secteurs du textile et de l'habillement ont vu leur notation chuter de C+ et C à C et C- respectivement, en raison de la concurrence accrue des produits chinois suite à la suppression des quotas. Cette suppression, intervenue le 1er janvier 2005, a principalement profité à la Chine, dont les exportations textiles vers les États-Unis et l'Union européenne ont connu une forte hausse. Cependant, alors même que cette croissance ralentissait, l'Union européenne et les États-Unis ont conclu des accords avec la Chine, respectivement en juin et en novembre, par lesquels cette dernière s'est engagée à limiter ses exportations pour plusieurs années supplémentaires. Cette situation profite à l'Inde et aux autres pays fournisseurs d'Asie du Sud où les entreprises chinoises possèdent des usines performantes, ainsi qu'aux pays méditerranéens et d'Amérique centrale qui peuvent tirer parti de leur proximité géographique et des accords commerciaux existants avec l'Espace économique européen et l'ALENA.
Toutefois, une restructuration et une relocalisation seront inévitables.
Les pays à revenu intermédiaire devront moderniser leur secteur textile pour éviter son déclin.

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