Pour bien gérer le choc culturel, il est essentiel de comprendre qu'il s'agit d'une réaction naturelle au stress lié à l'immersion dans un nouvel environnement. La meilleure façon d'y faire face n'est pas de le fuir ni de l'ignorer, mais d'apprendre à gérer le stress qu'il engendre. Comment ? En suivant, par exemple, ces dix conseils du Dr Marx de Broadbent International :
1. Ne vous laissez pas surprendre par le choc culturel. Informez-vous et apprenez à en reconnaître les symptômes avant votre départ.
2. Sachez que le choc culturel se produira quel que soit votre pays de destination.
3. Dès votre arrivée, essayez d'identifier des points de contact avec vos compatriotes, d'autres expatriés et des personnes originaires du pays.
4. Évitez la stratégie de l'autruche dès les premiers signes de choc culturel. Cela ne fonctionnera tout simplement pas.
5. Apprenez de l'expérience des autres expatriés. N'hésitez pas à leur demander conseil.
6. Accordez-vous le temps de vous adapter et exigez la même chose de votre entreprise. Évitez de vous surcharger de travail dès votre arrivée : c’est contre-productif. Il est conseillé de vous familiariser d’abord avec les pratiques locales.
7. N’hésitez pas à demander de l’aide professionnelle si vous constatez que, malgré vos efforts, le choc culturel met en péril votre performance professionnelle et/ou votre stabilité personnelle et familiale.
8. Sachez que vous ressentirez des symptômes similaires à votre retour chez vous. Le choc culturel du retour existe et est tout à fait normal.
9. Le choc culturel a, comme nous le verrons ci-dessous, des aspects positifs.
10. Gardez votre sens de l'humour. Dans le commerce international, il est essentiel de savoir rire de soi-même.
En réalité, le choc culturel, contrairement aux apparences, est bénéfique. Pourquoi ? Comme l'affirme le Dr Adler de l'Université McGill (Canada) : « Même dans les cas les plus sévères, le choc culturel est un signe positif indiquant que l'expatrié s'immerge pleinement dans la nouvelle culture au lieu de rester isolé. Par conséquent, les expatriés plus expérimentés perçoivent le choc culturel comme la preuve qu'ils sont sur la bonne voie, et non l'inverse. »
De plus, le choc culturel est la conséquence naturelle de l'introspection. Lorsque nous travaillons – et souvent vivons – dans une autre culture, nous sommes contraints de réexaminer nos compétences interpersonnelles et de communication ; de vivre et de travailler selon des normes et des pratiques différentes ; de découvrir de nouveaux comportements et coutumes ; et, surtout, de confronter nos propres croyances, valeurs et préjugés. Tout cela provoque une sorte de bouleversement identitaire qui, s'il est bien géré, favorise l'épanouissement personnel et professionnel, se traduisant par une meilleure estime de soi, une plus grande flexibilité et une plus grande ouverture d'esprit, des compétences interpersonnelles et de communication améliorées et, surtout, une plus grande richesse émotionnelle.
Cette introspection et ce réalignement personnel et professionnel se poursuivent au retour au pays. C'est ce qu'on appelle le choc culturel de réintégration. Pendant l'expatriation, l'expatrié lui-même, ses amis, sa famille, son entreprise, son pays, etc., changent. De plus, durant la période d'adaptation à une autre culture, l'expatrié a souvent tendance à idéaliser ce qu'il a laissé derrière lui. À son retour, il prend conscience du décalage entre ses souvenirs idéalisés et la réalité. Par ailleurs, l'expatrié rapatrié peut percevoir son statut social comme diminué, car il perd nombre des « privilèges » dont il bénéficiait à l'étranger, souvent inclus dans les packages d'expatriation : logement, voiture, personnel, etc. Il peut également penser – souvent à juste titre – que les compétences et les connaissances acquises pendant son expatriation ne sont pas valorisées ni utilisées à leur juste valeur par son entreprise, ou sont tout simplement ignorées. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles environ 25 % des expatriés rapatriés quittent leur entreprise pour un concurrent. Nombre d'entre eux décrivent le choc culturel au retour comme encore plus intense que celui vécu à l'étranger. Et pourtant, cela reste largement méconnu – encore plus que le choc culturel ressenti avant le départ – tant des expatriés eux-mêmes que de leurs entreprises respectives.
Pour minimiser les effets des chocs culturels – et leurs conséquences coûteuses en termes de ressources humaines et financières – une politique de formation adéquate est essentielle. « À mesure que les ressources humaines des entreprises deviennent plus multiculturelles et que leurs clients se mondialisent », explique le Dr Adler, « le besoin de managers formés à l’interculturalité s’accroît également. Les entreprises et leurs expatriés doivent développer une meilleure compréhension des mécanismes du choc culturel lors des séjours à l’étranger et des retours, et mettre en place des stratégies de formation et d’accompagnement mutuellement bénéfiques. » Entièrement d’accord, Dr Adler.





