Entretien avec Luis Felipe Fernández de la Peña, ambassadeur d'Espagne en Slovénie. Il est nécessaire de renforcer la présence commerciale et économique espagnole en Slovénie.

L’ambassade d’Espagne présente la Slovénie comme un marché regorgeant d’opportunités pour le développement de l’activité commerciale et économique, ainsi que comme un point d’entrée stratégique vers d’autres marchés d’Europe centrale et orientale.
– Quelles sont les relations bilatérales entre l’Espagne et la Slovénie ? Dans quels domaines la coopération entre les deux pays est-elle axée ?
Les relations bilatérales entre l'Espagne et la Slovénie sont jeunes et prometteuses, avec un grand potentiel de développement sur les plans politique, économique et commercial.
Les échanges commerciaux entre les deux pays s'élèvent à environ 300 millions de dollars dans les deux sens, une part importante étant en faveur de l'Espagne, qui occupait l'an dernier le neuvième rang des fournisseurs mondiaux de la Slovénie. Selon le rapport de cette année, l'Espagne se classe désormais huitième, après avoir enregistré une croissance considérable au cours des premiers mois. Ces relations commerciales ont le potentiel de se développer davantage, même si elles constituent déjà une base solide pour l'avenir.
À cet égard, l'Espagne présente un potentiel considérable dans plusieurs secteurs, notamment l'agroalimentaire : agrumes, conserves, huile d'olive et vins. Le vin espagnol est sous-représenté en Slovénie, malgré son statut de grand producteur mondial. Il y a quelques semaines, une présentation de vins de La Mancha a rencontré un vif succès, démontrant leur excellent rapport qualité-prix. On espère que cette présentation contribuera à renforcer la présence des vins espagnols sur le marché slovène.
– Les échanges commerciaux limités entre les deux pays sont-ils principalement dus à un manque de connaissances ?
La Slovénie souffre d'un manque de visibilité internationale ; son image reste floue en Espagne, malgré la présence de trois entreprises slovènes sur son territoire. L'une d'elles fabrique des sièges auto, avec une usine à Vigo employant cinquante personnes et une volonté manifeste de se développer ; une autre commercialise de la verrerie ; et une entreprise d'électronique s'y est également implantée.
Le marché slovène n'est pas un marché émergent, mais un marché mature, comptant deux millions de consommateurs dont le revenu par habitant dépasse seize mille dollars, soit actuellement 73 % de la moyenne de l'UE, et présentant des perspectives de croissance importantes. De plus, la Slovénie peut servir de plateforme pour les relations commerciales avec l'Europe centrale et orientale.
Les entreprises espagnoles doivent être présentes ici pour répondre à leur processus d'internationalisation ; de plus, la Slovénie sera membre de l'Union européenne à partir de 2004, ce qui signifie qu'elle fera partie d'un marché unique, garantissant le renforcement de l'activité commerciale, dont l'intensité sera transférée à l'avenir aux pays actuellement candidats à l'adhésion, tels que la Slovénie.
– Que fait l’ambassade ou le bureau commercial pour renforcer ces échanges commerciaux ?
Il n'existe actuellement aucun bureau commercial permanent, bien que nous disposions d'une petite unité commerciale dont l'objectif est d'encourager la présence d'entreprises espagnoles dans le pays et que l'ambassade soutienne naturellement le travail des hommes d'affaires qui manifestent leur intérêt pour la Slovénie.
– Quelle est votre vision de la réalité commerciale unique qui émergera en Europe dans dix ans ?
J'espère que l'Espagne continuera d'occuper une place centrale sur les plans économique et commercial, compte tenu de sa modernisation économique couronnée de succès qui l'a transformée ces dernières années en un important moteur d'investissements étrangers. Tout ce potentiel se consolidera dans les années à venir. Par conséquent, l'adhésion des nouveaux pays à l'Union ouvrira d'importantes perspectives commerciales et d'investissement, et l'Espagne doit être en mesure de les exploiter. L'effet net de l'élargissement sera très positif sur le plan économique, stimulant le commerce et l'investissement ; il est essentiel de participer à cette revitalisation du marché.
Que pourrait-on dire à un homme d'affaires espagnol pour l'encourager à implanter son entreprise en Slovénie ?
J'insiste sur la nécessité de renforcer l'activité commerciale et la présence économique en Slovénie et dans tous les autres pays d'Europe centrale et orientale. Dans ce contexte, les entreprises espagnoles doivent savoir que la Slovénie, située juste après l'Italie, entretient avec l'Espagne une proximité géographique et des affinités importantes. C'est un pays organisé, sérieux et institutionnellement stable. L'inflation y constitue un problème mineur, que j'espère voir maîtrisé, mais le pays affiche de bons résultats en matière de déficit public, de dette et de chômage – en bref, sur tous les aspects de la convergence nominale de Maastricht. La Slovénie possède un capital humain important ; la quasi-totalité de la population parle anglais et les affaires s'y déroulent avec une grande facilité. De plus, ses perspectives de développement économique sont prometteuses pour les années à venir.
– Quelles relations l’ambassade entretient-elle avec les organismes de développement du commerce et avec les autres ministères, outre le ministère des Affaires étrangères ?
L’ambassade est au service des entreprises et, bien sûr, du peuple espagnol en général. Elle entretient des relations avec le ministère de l’Économie, l’Agence régionale de développement, la Chambre de commerce et le tissu économique local.

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