Le 1er mai, le processus de négociation des dix pays qui formeront l'Union européenne aboutira, unissant leurs synergies pour constituer l'un des plus grands blocs commerciaux du monde.
La création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en 1951 a donné lieu aux différentes étapes du processus d'intégration européenne qui ont façonné l'histoire pour constituer le défi actuel : l'Europe des 25.
À cette époque, et plus précisément en 1957, l'idée d'établir un système économique mondial commun et compétitif s'est concrétisée par la Communauté économique européenne (CEE), créée par les traités de Rome, dont l'Espagne est devenue membre en 1986 avec le Portugal, créant ainsi un marché de 12 pays.
L’Espace économique européen a pris forme avec le traité de Maastricht en 1992, intégrant d’autres domaines liés à la politique étrangère, à la sécurité et à la justice. Ainsi, la CEE est devenue l’actuelle Union européenne, dotée d’une nouvelle structure de gestion politique fondée sur la codécision entre les États membres et le Parlement européen.
Le marché des 15 a culminé en 1995 avec l'entrée de l'Autriche, de la Suède et de la Finlande. Auparavant, en 1993, le Conseil européen de Copenhague avait autorisé l'adhésion des pays d'Europe centrale et orientale qui le souhaitaient, à condition qu'ils remplissent les critères d'adhésion.
Les demandes d'adhésion à l'Union européenne ont augmenté ces dernières années et, suite à des rapports périodiques satisfaisants de la Commission européenne, dix pays obtiendront le statut d'État membre le 1er mai : Chypre, Malte, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.
Il ne faut pas oublier l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie qui, selon toutes les prévisions, aura lieu en 2007, probablement en même temps que celle d'autres pays candidats. Et puis il y a la Turquie, dont l'adhésion est encore à l'étude quant aux dates de son achèvement.
L'identité de l'UE
La création de ce vaste marché européen contribuera à renforcer les valeurs et les objectifs communs du continent. Ainsi, l'Union européenne consolide son influence politique dans le monde et offre des avantages économiques considérables à ses États membres, qui font partie d'un immense marché de près de 450 millions de consommateurs caractérisé par le libre-échange.
Outre la création d'un espace sans frontières, il convient d'ajouter une union monétaire, qui permettra d'éviter les risques liés aux taux de change et d'assurer la souplesse et la liquidité des mouvements de capitaux.
Une Europe intégrée exige une coopération étroite dans tous les domaines, laquelle est actuellement renforcée, notamment en matière de sécurité, de défense et de justice internationale. À terme, cela garantit la stabilité et la prospérité de l'Europe et du monde.
L’Union européenne continuera de s’élargir dans les années à venir avec l’adhésion d’autres pays et la création d’une Constitution, afin d’officialiser l’unité politique du système communautaire.
Les devoirs sont terminés.
Le cinquième élargissement de l'Union européenne exigeait que les pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne se conforment à l'acquis communautaire défini par les critères de Copenhague établis lors du sommet du Conseil européen de 1993.
Chacun des dix pays qui deviendront États membres de l'Union européenne le 1er mai prochain a poursuivi les mêmes objectifs politiques et économiques ; cependant, ils ont connu leurs propres processus d'adaptation et de transformation, dont l'équilibre doit être compris lorsqu'on traite des opérations commerciales avec ces pays candidats.
En revanche, les garanties offertes à l'unanimité par les candidats potentiels ne font aucun doute. Il suffit de dire qu'il s'agit de systèmes de gouvernement démocratiques qui ont réduit la corruption et la fraude économique grâce à des réformes de leurs administrations publiques et de leurs systèmes judiciaires.
Au niveau macroéconomique, des progrès significatifs ont été réalisés, comme en témoignent la croissance soutenue du PIB et la baisse de l'inflation. La privatisation a été menée à bien dans les dix pays, même si la restructuration n'est pas encore achevée dans certains secteurs, tels que l'énergie et la finance dans certains États.
L'ouverture de leurs économies favorise le commerce international, grâce à des conditions très avantageuses pour les investissements étrangers et un cadre juridique très sûr pour la libre circulation des marchandises. Les efforts gouvernementaux se poursuivent pour renforcer les capacités administratives et législatives dans le secteur douanier.
une opportunité historique
pour les entreprises espagnoles
Le nombre d'opérations commerciales et d'investissement réalisées par des entreprises espagnoles ciblant les dix pays ayant rejoint l'UE a augmenté ces dernières années. Cependant, elles ne représentent encore qu'un faible pourcentage par rapport aux autres États membres de l'UE.
Le rapport du groupe d'investissement Litexco indique que, pour la période triennale 2004-2006, l'Union européenne allouera 21.500 milliards d'euros aux Fonds structurels et de cohésion destinés aux nouveaux États membres. Ces fonds pourront être utilisés par les entreprises espagnoles s'implantant sur ces territoires. Ils pourront notamment servir à la formation et au management des entreprises, ainsi qu'à la transformation du secteur agricole.
Selon María Isabel Pardos, porte-parole du groupe Litexco, le développement des secteurs des transports, de l'énergie, des télécommunications, de l'environnement et des infrastructures en général, ainsi que de la R&D, est également à souligner.
En outre, les secteurs liés au traitement des déchets, à l'électronique, au bois et à l'ameublement, aux composants automobiles, aux plastiques industriels, au tourisme, aux canalisations d'eau, aux services bancaires et aux équipements médicaux présentent de multiples opportunités commerciales.
Litexco constate une certaine saturation des marchés d'Europe centrale, pratiquement industrialisés et où les salaires ont déjà considérablement augmenté. Certains de ces pays délocalisent même leur production en Chine.
Un autre fait intéressant est que l'Espagne importe davantage de ces pays qu'elle n'exporte, ce qui entraîne un déficit commercial.



