Avec la mondialisation, il est devenu plus évident que la clé du succès et de la compétitivité dans la nouvelle économie réside dans la capacité d'accéder à de nouveaux marchés et d'y être compétitif. Cela exige la maîtrise de plusieurs langues, permettant d'interagir avec d'autres entreprises, d'entretenir des relations avec les clients, voire avec les filiales d'une même entreprise implantées à l'étranger. Parallèlement, cette maîtrise est essentielle pour identifier de nouvelles opportunités commerciales, échanger des informations et des connaissances, et pour bien d'autres applications.
Il existe actuellement un consensus général sur le fait que la clé de la croissance et de la compétitivité de l'économie espagnole réside, entre autres, dans l'amélioration de l'efficacité de nos entreprises, et l'un des moyens d'y parvenir est de perfectionner les compétences de notre main-d'œuvre. À cet égard, il est vrai que l'éducation et la formation professionnelle apparaissent comme des axes de développement importants. Cependant, dans le cas spécifique des langues, leur importance relative est loin d'être optimale et les plans concrets font défaut. On parle beaucoup d'apprentissage des langues dès l'âge de trois ans, de maîtrise de l'anglais à la fin du lycée, de soutien aux PME dans ce domaine, de bourses pour permettre aux étudiants d'étudier à l'étranger, etc. Mais pour l'instant, cela relève davantage de la déclaration de principes que d'un véritable investissement pour l'avenir. En effet, on évoque la convergence avec le reste de l'Europe en matière de recherche et développement, de plein emploi et d'accès aux nouvelles technologies, mais pas en ce qui concerne la capacité de la population espagnole à parler des langues étrangères, domaine dans lequel nous accusons encore un certain retard par rapport à nos voisins européens, ce qui nous rend moins compétitifs.
Bien que 95 % des Espagnols considèrent qu'il est important de connaître une langue étrangère, une forte proportion admet n'en parler aucune. Par exemple, en anglais, langue incontournable des affaires, seuls 18 % des Espagnols le parlent, contre 44 % dans le reste de l'Union européenne. Si l'on considère les autres langues, les chiffres pour l'Espagne sont encore moins encourageants : seulement 10 % de la population parle français. La connaissance de l'allemand ou de l'italien se limite à 1 % de la population.
Cependant, il semble que dans notre pays, les jeunes générations inversent cette tendance, le niveau d'anglais étant assez élevé chez les 18-34 ans. Parallèlement, 92 % des entreprises exigent désormais la maîtrise de l'anglais dans leurs offres d'emploi pour les diplômés universitaires, et 81 % pour les personnes ayant une formation professionnelle. Cette situation a pris des proportions considérables, au point qu'il est inconcevable qu'un entrepreneur souhaitant développer son activité ou sa carrière ne parle pas couramment au moins une langue. En effet, il ne suffit plus de comprendre une langue ; il faut la maîtriser, c'est-à-dire être capable de l'utiliser dans différents registres linguistiques spécialisés (financier, technique, juridique, etc.).





