Après la profonde crise de la dette des années 80 et la crise financière du milieu des années 90, le Mexique a connu une transformation majeure fondée sur la libéralisation des échanges et la promotion de la compétitivité. Son adhésion à l'ALENA a contribué à accélérer ces processus. Cependant, l'impact sur la croissance est resté limité, les résultats les plus notables étant la spécialisation de la production dans des secteurs à forte intensité de main-d'œuvre et la croissance des exportations de produits manufacturés à faible valeur ajoutée, tels que ceux produits par les maquiladoras.
Comme dans d'autres pays d'Amérique latine, les réformes économiques visant à ouvrir et à libéraliser l'économie n'ont pas généré l'impulsion nécessaire pour inciter le secteur privé à adopter des pratiques innovantes et à jeter les bases d'une compétitivité internationale accrue. La faible participation du secteur productif aux dépenses de recherche et développement, sa faible réaction aux incitations fiscales et son engagement limité auprès des universités et des centres de recherche démontrent que les politiques publiques n'ont pas non plus réussi à encourager le développement technologique indispensable à la transition industrielle.
L'adoption d'un nouveau modèle de développement industriel, axé sur la technologie et le savoir, confronte le Mexique au défi d'une approche régionale pour la conception de ses systèmes d'innovation. En effet, compte tenu des ressources limitées, il est nécessaire d'identifier, à l'échelle régionale, les secteurs industriels qui possèdent des avantages concurrentiels stratégiques. Ceci permettra d'optimiser les efforts en matière d'investissement productif, de développement du capital humain et de recherche et développement (R&D), éléments clés pour créer un cercle vertueux d'innovation et de croissance.
De même, il est essentiel, d'une part, de créer des instruments de planification du développement industriel au niveau régional qui rassemblent des représentants des secteurs productif, public et scientifique et technologique, et, d'autre part, de concevoir et de mettre en œuvre des politiques publiques visant à soutenir le développement des secteurs stratégiques en se basant sur la définition et la réalisation d'objectifs de productivité et d'exportation.
L’adoption d’une approche comme celle proposée permettra au Mexique de créer un nouveau réseau d’entreprises dans des secteurs industriels stratégiques, d’accroître ses exportations de biens et de services à plus forte valeur ajoutée, de stimuler les investissements productifs, de créer des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés et, par conséquent, d’augmenter les revenus, la consommation et l’épargne privée – des moteurs essentiels de la croissance économique et sociale.





