– Quelle idée a conduit à la création d'IberChina et quel est son objectif principal ?
« IberChina » a été créée en raison du manque important de contacts commerciaux entre les entreprises espagnoles et chinoises. Son objectif initial était de s'imposer comme centre d'achat international pour divers secteurs et de proposer des services de conseil aux entreprises.
La principale tâche consiste à trouver des fabricants d'un produit, ou d'une gamme de produits, répondant aux spécifications, à la qualité et aux délais requis par le client européen, évitant ainsi la chaîne des intermédiaires chinois qui augmentent actuellement le coût des achats dans ce pays.
Elle représente également certaines entreprises européennes souhaitant vendre ou s'implanter en Chine, en facilitant les contacts, les procédures administratives ou la mise en relation avec des cabinets d'avocats chinois spécialisés.
– Que recommanderiez-vous à un homme d'affaires espagnol qui s'apprête à débuter son aventure internationale sur le marché chinois ?
Le gouvernement de la République populaire de Chine réalise des progrès significatifs, entamant sa troisième année d'adhésion à l'OMC, malgré la lenteur de la mise en œuvre de ses engagements, la révision des conditions et la création de nouvelles barrières. De grandes attentes sont placées en cette année, notamment en ce qui concerne les droits commerciaux et la vente directe.
Pour l'entrepreneur, les principaux enjeux liés à la mise en œuvre des accords conclus avec l'OMC sont d'une importance capitale, notamment les droits commerciaux (possibilité d'importer et d'exporter), la transparence, la distribution (possibilité de distribuer aux grossistes, aux détaillants et aux clients finaux en Chine), les normes, les réglementations techniques, la protection des droits de propriété intellectuelle, les droits de douane, les quotas, les licences et autres traitements discriminatoires.
Comme sur tout nouveau marché, toute entreprise doit effectuer ses recherches, trouver des distributeurs dignes de confiance et adopter des pratiques de paiement et de recouvrement très prudentes.
La grande diversité de la Chine implique que chaque région a ses propres préférences de consommation et exigences commerciales. Par ailleurs, trouver un partenaire adéquat est crucial, que ce soit pour exporter vers la Chine ou y opérer. Dans un contexte où les procédures juridiques sont lentes, coûteuses et parfois opaques, il est essentiel de bien cerner les motivations des parties afin de s'assurer que la partie chinoise entend respecter ses obligations contractuelles.
– Compte tenu du manque de connaissances sur le pays, quels aspects de sa société économique et commerciale mettriez-vous en avant ?
Le miracle des exportations chinoises doit beaucoup aux investissements directs étrangers, qui masquent le manque d'entrepreneurs au niveau national.
L'idéologie, le patrimoine culturel et la taille du pays sont les principaux facteurs qui font de la Chine un pays unique. Son ambition majeure est d'atteindre le développement économique et scientifique de l'Occident et, pour ce faire, elle déploie des efforts considérables afin de préserver une partie de son idéologie et de son patrimoine culturel.
Leur problème aujourd'hui réside dans la polarisation du pouvoir et la décentralisation que Pékin est prêt à accepter. Paradoxalement, la protection du capital et de la propriété permet au Parti de se maintenir au pouvoir, car le Parti a besoin du développement économique pour survivre, et la libéralisation et la démocratisation dépendent de sa survie. Ce sont les entreprises non réglementées qui rendent ce miracle possible.
Mais ce miracle peut en partie masquer une autre réalité, car en Chine, les zones côtières croissent de plus de 30 % tandis que la productivité intérieure stagne, et c'est ce déséquilibre qui peut engendrer la redoutable instabilité interne.
Il est clair que, même sans l'OMC, l'économie chinoise était déjà suffisamment intégrée aux marchés mondiaux. L'OMC s'efforce aujourd'hui de fournir un cadre institutionnel : lois, pratiques juridiques et réglementations. Son objectif ultime est de garantir à toutes les entreprises l'existence de règles transparentes et applicables à tous.





