Javier Hidalgo, directeur du secteur d'activité de Santander Central Hispano : « Nous ne pouvons ignorer le formidable coup de pouce que l'Europe de l'Est va recevoir. »

– Compte tenu de l’expérience de l’entité, comment l’offre de services aux entreprises est-elle organisée depuis Santander Central Hispano ?

Notre défi est d'être la banque de référence pour nos clients. Pour atteindre cet objectif, nous devons proposer une offre de valeur personnalisée, en fournissant aux entreprises les produits et services les plus adaptés à leur taille, leur présence nationale et internationale, et leur niveau de consolidation.

À cette fin, le secteur d'activité est organisé par segments de clientèle : grandes entreprises, entreprises de taille moyenne, PME et micro-entreprises. Cette offre est complétée par des unités opérationnelles performantes proposant des produits et services aux entreprises : commerce international, crédit-bail, affacturage et services bancaires électroniques transactionnels, le tout intégré au sein du même secteur.

Enfin, nous bénéficions du soutien d'équipes spécialisées en trésorerie et en banque d'investissement, qui complètent notre offre et renforcent la valeur ajoutée que nous apportons, en tant que groupe, à nos clients. Grâce à cette structure, nous sommes en mesure de conseiller les entreprises sur leurs stratégies de vente, leurs devises d'exportation et la couverture des risques de change et/ou de taux d'intérêt lors de la structuration de leurs transactions.

– Quel soutien le groupe Santander apporte-t-il aux entreprises pour faciliter leur internationalisation ? Quelles recommandations peut-il formuler aux entreprises qui envisagent de s’implanter sur des marchés tiers ?

Ce soutien est triple. Premièrement, je tiens à souligner la force et l’étendue du réseau d’agences du Groupe Santander, avec une présence directe et active dans plus de 30 pays, à travers ses banques, ses filiales et ses sociétés affiliées.

Ces entités disposent d'équipes professionnelles hautement qualifiées, reconnues sur leurs marchés respectifs et à l'international dans des domaines tels que l'analyse des marchés et des secteurs économiques, la recherche de partenaires locaux, la structuration des opérations de commerce extérieur et les services transactionnels transfrontaliers.

Deuxièmement, grâce aux services de soutien destinés à nos clients communs que nous avons mis en place avec les banques qui composent nos alliances stratégiques, tant en Europe (Royal Bank of Scotland, IMI San Paolo, Nordeao) qu’en Amérique du Nord (Bank of America).

Enfin, grâce aux services financiers et de conseil offerts par Grupo Santander dans le cadre d'accords conclus avec d'importantes instances gouvernementales nationales et régionales, nous permettons à nos clients de collaborer avec les entreprises sur leurs projets d'internationalisation. Nous proposons également à nos clients des accords de financement préférentiels avec des organisations internationales.

Concernant les recommandations aux entreprises envisageant de s'implanter sur des marchés tiers, j'estime que l'exportation et l'activité internationale doivent être abordées comme toute autre activité commerciale. À cette fin, il me semble primordial de disposer d'informations adéquates sur les marchés, la situation économique, les acteurs clés, ainsi que les coutumes et pratiques locales.

Mon conseil serait de recueillir un maximum d'informations sur le marché cible. De nombreuses ressources publiques sont disponibles pour l'exportation et l'internationalisation, et chaque entreprise devrait les utiliser sans hésiter. Cela peut se faire principalement auprès d'institutions proches du monde des affaires, telles que les chambres de commerce et d'industrie, l'ICEX (Institut espagnol du commerce extérieur), les représentations commerciales espagnoles dans les pays d'intérêt, les douanes, Internet et les associations professionnelles, entre autres.

Nous recommandons également de participer à des séminaires et des ateliers afin d'acquérir une expérience pratique et d'évaluer la faisabilité de missions commerciales. Des dispositifs de soutien public sont disponibles pour ces activités, et les entreprises peuvent également bénéficier d'aides financières auprès des banques pour mener à bien ces projets. Elles ont bien entendu également accès au soutien et aux conseils des services dédiés aux entreprises étrangères de Santander Central Hispano.

– C’est l’une des institutions bancaires les plus établies d’Amérique latine. Quelle est votre analyse des investissements et de la présence des entreprises espagnoles dans cette région ?

Nous sommes fiers d'être la première franchise bancaire de la région, ce qui témoigne de notre confiance dans ces pays et du rendement que nous attendons de nos investissements. Traditionnellement, les investissements se sont concentrés sur des secteurs stratégiques et à forte croissance tels que la finance, l'énergie, les télécommunications et les services publics. De ce fait, en termes de taille d'investissement, les entreprises espagnoles opérant en Amérique latine sont principalement de grandes sociétés.

Ces investissements ont incité leurs fournisseurs espagnols, ainsi qu'un nombre important de PME, à suivre le mouvement. Il ne faut pas oublier que l'Espagne est un pont entre l'Europe et l'Amérique latine, et que les liens historiques, culturels et linguistiques encouragent de plus en plus nos entreprises à s'implanter dans des pays qui ont connu des transformations majeures avec la libéralisation de leurs marchés et qui représentent clairement l'un de nos horizons naturels.

– À l’inverse, les entreprises espagnoles ont une présence symbolique dans les pays d’Europe de l’Est. Quelles pourraient être les causes de cette absence, et quelles mesures proposeriez-vous pour y remédier à l’approche de l’intégration européenne ?

La moindre présence de nos entreprises dans ces pays s'explique par plusieurs raisons, notamment : une connaissance moindre de ces pays, les barrières linguistiques, l'absence d'histoire commune, et aussi notre forte concentration sur l'Amérique latine.

Toutefois, nous ne devons pas ignorer un marché et des pays dont les économies sont en transition, qui bénéficient d'un environnement politique stable et d'un important capital humain ; c'est-à-dire des populations instruites et des niveaux de formation élevés, afin de participer à leur processus de modernisation, avec tous les fonds européens qu'ils recevront dans les années à venir.

L'entreprise espagnole jouit d'une excellente réputation en Europe de l'Est. Compte tenu des options dont elle dispose actuellement, les alliances stratégiques constituent sans doute le meilleur outil pour son expansion internationale dans cette région.

Notre groupe a également lancé une stratégie de pénétration du marché dans ce pays par l'intermédiaire de ses filiales allemande (CC-Bank) et italienne (Finconsumo), toutes deux spécialisées dans le crédit à la consommation. Nous disposons par ailleurs d'une solide expérience en matière de conseil spécialisé dans la recherche de partenaires locaux, l'investissement direct dans des entreprises et l'accompagnement des processus de privatisation en cours dans ces pays, grâce à nos équipes de banque d'investissement.

– Selon vous, quels marchés ou pays sont actuellement les plus attractifs pour les entreprises espagnoles ? Pourquoi ?

Premièrement, l'Amérique latine, pour les raisons que j'ai déjà évoquées. Deuxièmement, les pays de la zone euro. C'est notre marché le plus proche, et savoir comment être compétitif dans des pays très exigeants est un atout précieux pour l'avenir. Je tiens à souligner tout particulièrement le Portugal, pays culturellement très proche et économiquement très complémentaire.

Il est indéniable que nous ne pouvons ignorer l'important afflux d'investissements et d'aides publiques dont l'Europe de l'Est est sur le point de bénéficier. Il serait illogique de rester à l'écart de ces projets et opportunités dès le départ. Le Maroc, de par ses liens historiques étroits, sa proximité géographique et les efforts de modernisation entrepris par son gouvernement, mérite également une place de choix dans l'attention des entreprises espagnoles. Enfin, l'Asie restera une référence et une source d'opportunités pour certains secteurs.

– Existe-t-il des éléments et des considérations spécifiques aux différents types d'entreprises ?

Santander Central Hispano reconnaît les besoins spécifiques des entreprises en fonction de leur taille, de leur secteur d'activité et de leur présence internationale. C'est pourquoi notre modèle de service client est pluridimensionnel et adapté aux caractéristiques propres à chaque entreprise.

Cela va des grandes entreprises, avec des équipes de couverture mondiale, tant au niveau commercial que produit ; aux grandes et moyennes entreprises, avec des équipes dédiées à un suivi personnalisé et un soutien important de la part de spécialistes produits.

Les PME et les micro-entreprises, piliers de l'économie espagnole, bénéficient d'un soutien à la hauteur de leur importance, grâce à une offre intégrée et compétitive de services financiers, d'accompagnement et d'innovation. Cette offre ne se limite donc pas au simple financement, mais comprend également des conseils en matière d'amélioration des processus (achats et recouvrements), l'accès aux subventions et aux marchés publics, des outils d'aide à la comptabilité et à la fiscalité, et même des services de conseil en matière de mise à niveau technologique.

Quels sont les principaux problèmes rencontrés par les entreprises espagnoles ? Pensez-vous qu’elles soient sur un pied d’égalité avec leurs homologues européennes ? Existe-t-il des différences entre les PME espagnoles et celles de l’Union européenne ?

Nous devons être conscients de l'internationalisation et de l'interconnexion croissantes des économies. Par conséquent, nous devons être ouverts à la croissance et aux investissements sur de nouveaux marchés.

L'exportation et l'activité internationale ne peuvent plus être considérées comme une activité marginale pour les entreprises, ni comme un simple débouché pour les excédents de production locale. Elles doivent constituer un secteur d'activité à part entière et intégré.


Pour ce faire, il est nécessaire de renforcer les capacités permettant de se prémunir contre les nouveaux concurrents. La formation, la promotion et la diffusion des produits, ainsi que les stratégies de marketing international, constituent des étapes essentielles. À cet égard, des programmes, comprenant d'importantes subventions, ont été mis en place par les autorités régionales et nationales pour répondre à ces enjeux.

Notre responsabilité, en tant qu'établissement bancaire, est de faire connaître ces opportunités à nos clients et de faciliter leur accès à celles-ci.

Concernant les différences entre les PME espagnoles et européennes, je pense qu'elles s'estompent, même si la taille de l'entreprise reste un facteur déterminant. Je suis convaincu que nous ne devrions nous sentir inférieurs à personne ni à rien. J'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreux chefs d'entreprise espagnols de divers secteurs et de toutes tailles en Amérique latine, et je peux vous assurer que leur enthousiasme, leur professionnalisme et leurs compétences sont une source de fierté.

– La structure de propriété des entreprises espagnoles est-elle adéquate ? Quelle est la contribution des entreprises familiales ?

Concernant leur structure, un effort supplémentaire était nécessaire pour professionnaliser, consolider et promouvoir leur activité. Les nouvelles mesures gouvernementales visent précisément cet objectif : créer un environnement favorable, supprimer les obstacles administratifs et faciliter l’accès aux technologies de l’information et de la communication. À mesure que leur structure juridique et économique se consolide, les entreprises seront sans aucun doute mieux à même de relever les défis posés par les nouveaux marchés, la concurrence et les événements internes tels que les successions ou les transmissions.

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