Le désastre du Prestige a plongé non seulement la Galice, mais toute l'Espagne, dans une profonde tristesse. Sans aucun doute, tous les regards sont tournés vers vous, Galicien, en ce moment. Les conséquences économiques seront-elles aussi catastrophiques que le laissent entendre les récents rapports ?
Croire que l'accident du pétrolier Prestige sera sans conséquence pour notre économie serait ignorer la réalité, car la pêche, la conchyliculture et l'aquaculture sont des secteurs stratégiques de l'économie galicienne. De plus, ces trois sous-secteurs représentent 3,5 % de la population active, soit environ 35 000 emplois. Il est important de rappeler que l'accident du Prestige affectera principalement la pêche côtière, la conchyliculture et l'aquaculture, et que ces sous-secteurs représentent plus de 50 % de la production et près de 80 % de l'emploi total. Outre les effets négatifs directs sur le secteur de la pêche, il y aura également des répercussions indirectes sur les industries connexes, comme le montrent les tableaux entrées-sorties de la Galice.
Toutefois, la Xunta de Galicia (Gouvernement régional de Galice) est confiante dans sa capacité à mettre en œuvre des mesures qui atténueront les effets négatifs de cet accident sur l'économie régionale. Premièrement, le réseau d'aide et d'indemnisation des personnes touchées permettra de réduire l'impact négatif grâce à une augmentation de la consommation, contribuant ainsi à stimuler la demande intérieure. Deuxièmement, nous travaillons déjà à l'élaboration du Plan de relance économique pour les zones sinistrées, dont l'objectif principal est de maintenir l'emploi et le PIB généré par la pêche et la conchyliculture, ainsi que de diversifier le tissu économique de ces territoires et d'atténuer les conséquences négatives pour le secteur du tourisme.
– Quelles sont les caractéristiques de l’économie galicienne ? Quels sont les principaux indicateurs macroéconomiques à retenir de l’année 2002 ?
À l’instar des économies espagnole et européenne, la situation galicienne a été caractérisée par un certain ralentissement de la croissance tout au long de l’année, et par une légère tendance à la reprise en fin d’année.
Concernant les perspectives pour 2003, ces signes de reprise aux niveaux espagnol et européen devraient avoir une influence positive sur notre économie dans les mois à venir. Il convient toutefois de garder à l'esprit que ces impulsions favorables pourraient être atténuées à moyen et long terme par l'impact négatif que la marée noire du Prestige aura sur certaines activités productives de notre économie. Pour l'instant, l'aide apportée aux personnes touchées et le fait que l'accident se soit produit pendant la basse saison touristique en limitent l'impact, et nous espérons que les mesures que nous prenons permettront, à terme, de le rendre peu significatif.
Il y a quelques mois, vous avez défendu un budget qui préconisait la convergence économique et la création d'emplois. Compte tenu des événements du mois dernier, faudra-t-il le modifier ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Comme il se doit, les principaux objectifs des comptes publics galiciens pour 2003 restent inchangés. Il s'agit d'un budget destiné à dynamiser l'investissement public direct, afin d'accélérer la convergence avec les économies les plus développées et de créer des emplois de qualité, tout en privilégiant la protection sociale.
Suite à ce terrible accident, nous avons dû revoir nos priorités de financement et certains paramètres de notre budget 2003. Notre principale préoccupation est que toutes les personnes affectées par l'interruption de leur activité professionnelle reçoivent l'indemnisation prévue dans les meilleurs délais. C'est pourquoi le budget 2003 prévoit un fonds doté initialement de 60 millions d'euros pour maintenir cette aide aussi longtemps que nécessaire. Ce fonds sera augmenté si besoin est, et nous n'excluons pas de recourir à des emprunts temporaires pour garantir la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires à la reprise d'activité et au maintien, voire à l'amélioration, du bien-être social des personnes concernées. En tout état de cause, notre objectif est que la Galice ne supporte aucun coût lié à cette situation. C'est une question de justice, car le peuple galicien n'est pas responsable de cette marée noire et souffre déjà suffisamment des conséquences environnementales et sociales qu'elle engendre.
