José Manuel Reyero, économiste d'État et expert en commerce international, a consacré la quasi-totalité de sa longue carrière au commerce extérieur. Premier directeur général de l'Institut national de promotion des exportations (INPE), précurseur de l'actuel ICEX, il a occupé le poste de vice-président exécutif de l'Institut espagnol du commerce extérieur de juillet 1998 à avril dernier.
D'un abord cordial, doté d'un style conversationnel fluide, agréable et toujours intéressant grâce à sa vaste culture et à sa connaissance du secteur étranger, José Manuel Reyero entame un nouveau défi professionnel à la tête de PromoMadrid, la nouvelle société créée par le gouvernement d'Esperanza Aguirre pour promouvoir l'internationalisation des entreprises madrilènes.
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– Quelles raisons vous ont amené à créer Promomadrid et quels sont ses objectifs fondamentaux ?
D'une part, nous poursuivrons les activités d'internationalisation des entreprises madrilènes initiées par IMADE, dont les fonctions internationales seront désormais transférées à Promomadrid. D'autre part, nous créerons une agence chargée d'attirer les investissements étrangers dans notre région. Madrid est une communauté autonome prospère : 58 % des investissements dirigés vers l'Espagne sont implantés dans notre région. Cependant, la concurrence pour attirer ces investissements s'intensifie sans cesse. Afin de garantir la pérennité de ces investissements, il est essentiel de prendre toutes les mesures nécessaires, non seulement pour les maintenir, mais aussi pour les accroître.
Les précédents gouvernements régionaux estimaient que la promotion internationale de Madrid était suffisamment assurée par l'IMADE et la Chambre de commerce. Qu'est-ce qui a changé pour justifier la création d'une nouvelle agence de promotion ?
Comme je le disais, rien n'a fondamentalement changé. En matière de promotion du commerce, l'accent est simplement mis sur une plus grande spécialisation. Non seulement les objectifs sont restés les mêmes, mais ils se sont intensifiés. La situation est différente en ce qui concerne l'attraction des investissements ; une nouvelle activité est lancée, car la concurrence des autres pays nous oblige à être plus vigilants.
– D’après votre expérience récente en tant que vice-président exécutif d’ICEX, comment les organismes de promotion des Communautés autonomes s’intègrent-ils aux objectifs de la politique nationale d’internationalisation ?
Absolument. Le champ d'action du gouvernement central s'inscrit parfaitement dans les actions de promotion des Communautés autonomes. Nous sommes un instrument de collaboration pour les politiques de l'État, et nos liens étroits avec les entreprises nous permettent de mieux adapter les ressources publiques aux besoins des entrepreneurs. De plus, notre activité est parfaitement conforme à la loi, comme l'ont confirmé plusieurs arrêts de la Cour constitutionnelle. Cette collaboration est une réalité, comme en témoignent les initiatives communes menées par le passé, telles que les différentes éditions d'EXPORTA à Valence et à Barcelone, et le programme d'aide à l'exportation PIPE 2000.
– Copca en Catalogne, Ivex à Valence…, maintenant Promomadrid, quel devrait être le rôle de ces organisations pour contribuer à l’objectif général de promouvoir le Made in Spain et d’éviter les distorsions de l’image de l’Espagne à l’étranger ?
L'image internationale de l'Espagne est la somme des images de toutes ses communautés autonomes, chacune apportant sa valeur unique, qui n'est autre que son identité propre. Sur le plan économique, l'image d'un pays est la somme des images de ses secteurs productifs, et l'image de chacun de ces secteurs est l'image de toutes les entreprises qui le composent. De même, on pourrait dire qu'il n'existe pas d'image unique de l'Espagne, indépendante de la somme des images de ses communautés autonomes.
– De quelles ressources Promomadrid disposera-t-il pour mener à bien son travail de promotion ?
Le budget de Promomadrid s'élèvera à environ dix millions d'euros. Nous mettrons en place des mécanismes permettant aux entreprises madrilènes de mieux appréhender le contexte international et d'accéder aux marchés étrangers avec de fortes chances de succès. En matière de politique d'investissement, nous irons à la rencontre des investisseurs internationaux afin de leur présenter nos atouts comparatifs en tant que destination d'investissement.
– Du point de vue de l'internationalisation des entreprises madrilènes, quels sont les marchés vers lesquels l'activité de l'entreprise sera orientée ?
Cette activité sera principalement destinée aux petites et moyennes entreprises, et les pays sur lesquels nous concentrerons nos efforts de promotion seront ceux de l'Union européenne dans son ensemble, ainsi que ceux où, en raison de leur éloignement ou des difficultés culturelles, les entreprises ont besoin de davantage d'investissements, comme la Chine, le Japon et certains pays d'Amérique latine, sans oublier l'Afrique du Nord.
– Quelles seront les relations avec les autres entités qui mènent également des activités de promotion à l'étranger, telles que l'association patronale CEIM et les chambres de commerce ?
Une collaboration totale est essentielle. Tous les efforts visant à faire avancer ce projet sont les bienvenus. Promomadrid collaborera avec la CEIM (Société patronale d'immigration et de microfinance) et les Chambres de commerce de la Communauté, seul moyen d'unir nos efforts.
– Enfin, comment PromoMadrid peut-il contribuer à faire du rêve olympique de Madrid pour 2012 une réalité ?
Une décision de cette nature, quels que soient ses mécanismes de prise de décision, a un impact sur l'image publique. Promomadrid œuvre à renforcer l'image positive de notre région sur le plan économique. Ce sera notre contribution à la réalisation du rêve olympique.

