– Que pouvez-vous nous dire concernant les chiffres évoqués en cette année 2004 au sujet des échanges commerciaux entre l'Espagne et la France ?
Au cours du premier semestre 2004, selon les statistiques françaises, on a observé que, pour la première fois depuis des années, les échanges commerciaux franco-espagnols ont progressé moins vite que le commerce extérieur total de la France (+0,2 % pour les échanges bilatéraux contre +4 % pour le commerce total).
Pour la France, l'Espagne est le troisième fournisseur avec 7,7 % de ses importations totales (après l'Allemagne avec 17,2 % et l'Italie avec 9,2 %) et le deuxième client.
Pour l'Espagne, la France reste la première destination de 19,6 % des exportations espagnoles, mais l'origine de 15,5 % des importations espagnoles a été détrônée par l'Allemagne (16,6 %) de sa position de premier fournisseur.
Cependant, cette situation doit être replacée dans le contexte de relations commerciales très intenses : au premier semestre 2004, la France a enregistré des exportations vers l’Espagne d’une valeur de 16.864 milliards d’euros et des exportations en provenance d’Espagne d’une valeur de 13.052 milliards d’euros. Actuellement, les échanges de marchandises entre les deux pays dépassent quotidiennement 163 millions d’euros.
– Bien que la France soit un pays voisin, les investissements espagnols ne représentent pas une part particulièrement importante du total des investissements étrangers qu'elle reçoit. À votre avis, quelle pourrait en être la raison ?
Les investissements étrangers répondent généralement à deux motivations principales : conquérir des marchés étrangers et profiter de conditions de production favorables dans d’autres pays. Concernant la première motivation, la France étant un pays voisin et, comme l’Espagne, membre de la zone euro, une présence en France n’est parfois pas indispensable pour accéder au marché. Concernant la seconde, les coûts de production en France, plus élevés qu’en Espagne, rendent généralement une implantation en France moins attractive.
Au moment de la parution de ce numéro, le Salon international de l'alimentation aura déjà eu lieu à Paris, qui accueillera cette année 400 entreprises espagnoles. Quelles sont les attentes ? Le secteur agroalimentaire est-il l'un des plus prometteurs pour les investissements et le commerce espagnols ?
Le fait que tant d'entreprises espagnoles souhaitent participer au SIAL témoigne de sa rentabilité et de leurs attentes positives. Concernant les secteurs les plus recommandés pour l'investissement et le commerce espagnols, j'estime que ces recommandations ne devraient pas émaner du gouvernement ou de l'administration publique, mais plutôt du marché.
– Selon vous, la France est-elle un marché difficile pour les entreprises espagnoles ? Quels sont les avantages du marché français dont les investisseurs espagnols devraient être conscients ?
La France ne représente pas un marché particulièrement difficile pour les entreprises espagnoles, mais il est important de rappeler que l'anglais n'est pas la langue officielle. Il existe des avantages indéniables, certes bien connus, mais qu'il convient de souligner. J'en citerai trois : la sécurité juridique et la fiabilité de l'administration publique, le haut niveau de qualification de la main-d'œuvre (dans de nombreux secteurs, la France affiche la productivité horaire la plus élevée au monde) et la stabilité des relations clients, favorisée par un esprit de collaboration entre fournisseurs et distributeurs. MU-CI

