Juan Vicente Herrera Campo, président du gouvernement régional de Castille-et-León. En route vers de nouveaux projets.

« Les perspectives pour la Castille-et-León sont des plus encourageantes. L’engagement est total. De nombreux projets sont en cours et les attentes sont très élevées. » C’est ainsi que le président du gouvernement régional de Castille-et-León a conclu cet entretien passionnant et détaillé, que nous avons dû condenser par manque de place, mais qui témoigne du dynamisme d’une région en pleine expansion.

Quels sont les enjeux futurs d'une communauté connaissant un essor touristique et industriel important ?

La Castille-et-León a réalisé de grands progrès ces dernières années ; nous avons profité de notre parcours autonome pour nous transformer et construire une Communauté toujours plus forte et plus ouverte, plus cohésive et mieux préparée à relever les défis de l'avenir.

Nous sommes arrivés à un stade où la Castille-et-León a atteint le niveau maximal d'autonomie prévu par son statut d'autonomie. Le gouvernement régional de Castille-et-León est l'interlocuteur privilégié des citoyens pour les services essentiels à leur vie quotidienne, tels que l'éducation, la santé, l'emploi, les services sociaux et, entre autres, le développement de nos principaux secteurs productifs.

Je tiens à souligner les progrès significatifs accomplis en matière d'infrastructures et de communications, témoignant d'un engagement clair en faveur d'un développement équilibré de la région. Par ailleurs, nous avons mis en œuvre diverses mesures visant à rapprocher l'État des citoyens, à promouvoir l'égalité des chances, à renforcer la politique touristique, à soutenir les zones rurales et à encourager l'entrepreneuriat. Cependant, il reste encore beaucoup à faire et nous devons poursuivre nos efforts. Si le présent est prometteur, l'avenir ne peut être que meilleur.

– Quel rôle joue-t-elle sur la scène internationale ? Est-ce une communauté exportatrice ?

La Castille-et-León a connu ces dernières années une transformation rapide et profonde vers la modernité. Ces changements se sont traduits par une évolution de sa structure productive, où des secteurs à fort potentiel, tels que les télécommunications, la recherche et le développement, les services aux entreprises, le tourisme rural et les énergies renouvelables, ont pris de l'importance ; par une main-d'œuvre de plus en plus qualifiée ; et aussi, et c'est très significatif, par une transformation du fonctionnement interne des entreprises.

Ce changement vécu par les entreprises de Castille-et-León leur a permis d'améliorer leur compétitivité aux niveaux national et international et repose sur une augmentation de la qualité des produits et services offerts, ainsi que de leurs opérations internes, l'intégration de l'innovation technologique et l'ouverture sur l'extérieur, la disparition du complexe d'infériorité et de la peur de la concurrence sur les marchés internationaux, et la conquête d'importantes parts de marché au-delà de nos frontières.

En 2002, les exportations de Castille-et-León ont totalisé 7.924 milliards d'euros. Cela représente une multiplication par plus de onze en quinze ans, tandis que pour l'ensemble de l'Espagne, les exportations ont été multipliées par plus de cinq sur la même période. De plus, les exportations ont dépassé les importations, générant un excédent commercial de 59 millions d'euros pour la région, soit un ratio exportations/importations de 101 %. Ce chiffre est particulièrement remarquable car il contraste fortement avec la moyenne nationale, où la balance commerciale est systématiquement négative. Le ratio exportations/importations national en 2002 était de 76 %, soit 25 points de pourcentage de moins que celui de la Castille-et-León.

Pour toutes ces raisons, je crois que la Castille-et-León est devenue une région exportatrice, ce qui a eu des conséquences positives sur la compétitivité de nos entreprises et sur l'amélioration de l'économie régionale. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour accroître le volume des exportations, intégrer davantage de secteurs d'activité à cette dynamique (car on observe une certaine concentration des exportations dans quelques secteurs productifs) et conquérir de nouveaux marchés (car on constate également une concentration des exportations dans quelques pays, principalement au sein de l'Union européenne).

– Parlez-nous brièvement du Plan global pour les zones périphériques, quel est son état actuel et en quoi il consiste ?

Ce plan constituait un engagement personnel que j'avais pris lors de mon discours d'investiture aux Cortes de Castille-et-León. Son objectif est de revitaliser ces zones périphériques, généralement montagneuses en raison de la topographie de la région, caractérisées par de petits centres urbains dispersés et une économie globalement sous-développée. De manière générale, on peut dire que les problèmes auxquels la région est confrontée sont exacerbés dans ces zones : dépeuplement, vieillissement de la population et morcellement des communes.

Ce plan quinquennal (2002-2006), conçu pour s'aligner sur le Cadre de soutien aux collectivités et le Plan régional de développement, prévoit un investissement minimum de 1.200 milliard d'euros dans les zones concernées. Pour 2003, un budget de 284 millions d'euros a été alloué, soit une hausse de 22,15 % par rapport à l'année précédente. Les investissements seront répartis dans chacun des six domaines d'intervention définis, et couvriront sept mesures spécifiques : agriculture et développement rural, logement et infrastructures routières, nouvelles technologies, environnement, santé et action sociale, éducation et patrimoine historique et culturel, et développement des entreprises. Grâce à ces investissements, nous ambitionnons de favoriser le développement de ces territoires et d'exploiter pleinement leur potentiel.

Les régions périphériques possèdent un riche patrimoine naturel. Ce patrimoine constitue un point commun entre elles : elles se prêtent particulièrement bien au développement du tourisme intérieur. La Castille-et-León est la région pionnière en Espagne pour ce type de tourisme, et nous avons l’obligation de tirer pleinement parti de cette opportunité.

– Vous avez six caisses d'épargne et sept banques rurales. Quel est l'impact sur le système financier de la région ?

Actuellement, bien que le système financier de Castille-et-León soit composé d'entités pleinement indépendantes et capables d'agir, il dispose de plusieurs instruments de collaboration permettant une action conjointe pour défendre les intérêts de la région. Dans le cas des Caisses d'Épargne de la Communauté Autonome, le principal instrument de structuration est la Fédération des Caisses d'Épargne de Castille-et-León, une entité dotée de la personnalité juridique, au sein de laquelle les questions touchant ses membres sont régulièrement débattues et des solutions proposées.

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