Le compte à rebours de la Slovaquie vers l'intégration européenne

La République slovaque se prépare à une étape historique qui la verra intégrée au plus grand marché du monde : l’Union européenne. Le pays concentre ses efforts sur la création d’un environnement concurrentiel et le renforcement de son influence sur la scène politique internationale.


Korèok souligne l'importance d'entretenir de bonnes relations avec les pays voisins.


– Quelles sont les tâches que votre gouvernement doit accomplir avant le 1er mai 2004 en vue de l’adhésion à l’UE ?

Nous savons qu'il nous reste des tâches spécifiques à accomplir au niveau national. Récemment, nous avons pris connaissance de données issues du dernier rapport de la Commission européenne qui nous ont réjouis.
Notre attention se concentre principalement sur deux domaines. Le premier est l'agriculture, où nous devons relever trois défis d'ici le 1er mai 2004. La préparation du secteur agricole est un enjeu clé en ce qui concerne l'Agence des paiements, les questions phytosanitaires et l'aide directe ou les paiements à l'agriculture.
L'autre domaine concerne la compétitivité de l'industrie sidérurgique. Le gouvernement slovaque souhaite traiter ces questions de manière à nous permettre de respecter nos obligations envers l'UE sans priver les producteurs d'un environnement concurrentiel. Outre ces questions spécifiques, nous devons relever d'autres défis, notamment l'amélioration de la coordination de notre système interne avec les mécanismes de décision de l'UE, la définition des relations entre le Parlement et le gouvernement sur les questions européennes et la mise en place de la structure administrative et humaine nécessaire.

– Comment décririez-vous les relations politiques et diplomatiques avec les pays de l’UE et, surtout, avec les États voisins ?

Les relations avec nos voisins figurent parmi les priorités de notre politique étrangère. Les relations bilatérales constituent un élément fondamental, et bien entendu, la Slovaquie, en tant que petit pays, a tout intérêt à maintenir des relations bilatérales amicales. De manière générale, nous entretenons d'excellentes relations avec la Pologne, l'Autriche, la Hongrie et l'Ukraine.
Grâce à la coopération de Visegrád, nous entretenons, avec la République tchèque, des relations étroites, notamment avec la Pologne et la Hongrie. La coopération de Visegrád n'implique pas un traitement identique de toutes les questions relatives à l'UE ; toutefois, dans les domaines où nous partageons la même position, nous pouvons agir conjointement. Par ailleurs, le groupe de Visegrád, sous l'actuelle présidence tchèque, travaille sur plusieurs projets communs économiques, culturels, éducatifs et environnementaux qui augurent bien de l'avenir.
L'Ukraine sera le seul voisin de la Slovaquie à ne pas être membre de l'UE ni de l'OTAN. Du point de vue de l'Union européenne, l'Ukraine représente un défi de taille à plusieurs égards ; le plus précis étant que la frontière slovaque-ukrainienne deviendra une frontière Schengen lorsque la Slovaquie rejoindra l'espace Schengen (probablement en 2007), et qu'avant cela, elle constituera la frontière extérieure de l'UE. Sur le plan politique, l'Ukraine présente un intérêt particulier pour nous en tant que phénomène de sécurité majeur en Europe centrale. Nous espérons que l'Ukraine atteindra ses objectifs ambitieux vis-à-vis de l'UE et de l'OTAN et nous la soutiendrons toujours dans ses efforts pour y parvenir.

– L’un des enjeux actuels est la reconstruction de l’Irak. Quelle sera la participation de la Slovaquie ?

La Slovaquie est déjà engagée : depuis les actions qui ont précédé l'inévitable campagne militaire jusqu'à sa participation à la reconstruction. Nous soutenons les efforts de la communauté internationale pour aider l'Irak à devenir un pays démocratique, condition essentielle à toute reconstruction. Nos troupes sont déployées en Irak et la Slovaquie prend en charge les coûts. En 2003, ces coûts s'élevaient à près d'un demi-milliard de couronnes slovaques ; nous avons prévu un budget similaire pour l'année prochaine. Outre notre engagement politique et notre présence militaire, notre pays fournit également une aide humanitaire à l'Irak.

– Quels seront les changements les plus importants après l’adhésion de la Slovaquie à l’UE ?

Les principaux changements ont déjà eu lieu. La Slovaquie a déposé sa candidature officielle en 1995 et, depuis, près de dix ans se sont écoulés durant lesquels nous avons travaillé intensivement à nos préparatifs. Cela concerne divers domaines, les plus importants étant les sphères économique et politique, c'est-à-dire la participation à une politique internationale et de sécurité commune. La perspective d'adhérer à l'Union économique et monétaire (UEM) détermine l'un de nos objectifs : il sera essentiel de développer une politique économique qui nous permette de satisfaire aux critères formels d'intégration à l'union monétaire.

– Quelles sont les attentes dans les domaines politique, économique et social concernant l’intégration à l’UE ?

L'opinion publique perçoit l'UE comme un projet positif et un moyen d'atteindre la prospérité économique. En tant que petit pays, nous espérons voir notre influence politique internationale s'accroître. Il existe une différence considérable entre un pays de 5,5 millions d'habitants, incapable de défendre ses intérêts face aux grandes puissances, et un membre d'une organisation regroupant 380 ou 400 millions de personnes.
Sur le plan économique, nous sommes conscients des formidables opportunités que le marché intérieur offrira aux producteurs slovaques. Toutefois, il est également vrai que ce marché exercera une pression considérable sur les producteurs nationaux et que nous devrons faire face à une forte concurrence. Sur le plan social, nous prévoyons qu'une fois que la Slovaquie aura retrouvé un environnement économique normalisé, les capitaux circuleront plus librement qu'auparavant. Afin de nous y préparer, nous souhaitons créer des conditions concurrentielles, notamment grâce à des réformes fiscales et des finances publiques.

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