L'une des questions les plus urgentes, non seulement dans les pays en cours d'adhésion, mais aussi dans ceux qui ont récemment rejoint l'UE, est la nécessité d'adapter le secteur agricole aux marchés européens et mondiaux.
Il semble paradoxal que la Roumanie, considérée par beaucoup comme possédant le plus grand potentiel agricole d'Europe (hors Pologne), n'ait toujours pas défini de projet politique clair ni de cadre juridique adapté à la restructuration de son secteur agricole. Il convient de rappeler que la Roumanie est le deuxième producteur agricole de l'UE en termes de superficie, avec 58 % de son territoire classé comme terres arables. De plus, il est à noter que près de 30 % de ces terres sont considérées comme extrêmement fertiles (classe de fertilité I), comparables seulement à certaines régions de la Pampa argentine, de Californie et d'Ukraine. Enfin, il est important de souligner que 90 % des terres arables ont déjà été privatisées.
Le problème réside toutefois dans le manque de compétitivité des produits roumains en termes de coûts et d'efficacité. À cet égard, le gouvernement roumain s'est davantage concentré sur la prolongation des moratoires sectoriels sur les importations en provenance de l'UE que sur l'adaptation de son secteur primaire aux besoins du marché. Lors des négociations entre la Roumanie et l'UE, des délais de deux à quatre ans ont été demandés pour la mise en place de cadastres dans les petites communes, la modernisation des abattoirs et des usines de transformation de la viande, l'inventaire des races de haute qualité et la modernisation du secteur de la collecte du lait.
Toutefois, ces mesures ne s’accompagnent pas suffisamment de politiques visant à réorganiser les exploitations agricoles de subsistance, ni à accroître la production par la création de coopératives, à l’instar des autres pays de l’UE.
En définitive, on a le sentiment que la richesse intrinsèque du pays, liée à la qualité de ses terres, attirera les investisseurs qui impulseront les réformes nécessaires, et non l'inverse. Les coûts associés à ce type de politiques pourraient s'avérer plus élevés que prévu, d'autant plus que près de 30 % de la population dépend de ce secteur.





