Diversité culturelle au sein des équipes de travail (et III) : lignes directrices en matière de leadership

Dans la deuxième partie de cet article, nous avons vu que la diversité culturelle au sein des équipes de travail offre des avantages considérables, à condition que les différences culturelles soient bien gérées. La diversité peut accroître la productivité lorsque les membres de l'équipe sont capables de se comprendre et de se soutenir mutuellement. Et cela n'est possible qu'avec une bonne communication. La performance de toute équipe dépend de ces variables, parmi tant d'autres, mais l'une d'entre elles est toujours cruciale : la manière dont elle est dirigée. Et lorsque la diversité culturelle entre en jeu, cette variable devient déterminante.

Examinons quelques lignes directrices pour une bonne gestion des équipes multiculturelles (*).

• Sélection. Les membres de l'équipe doivent être sélectionnés en fonction de leurs compétences pour accomplir les tâches de l'équipe, et non en fonction de leur origine ou de leur homogénéité culturelle.

• Reconnaissance des différences culturelles. L’ignorance, plutôt que le rejet, des différences culturelles est plus souvent à l’origine des problèmes de communication interculturelle au sein d’une équipe. Il est donc conseillé de ne pas commencer à travailler tant que ces différences n’ont pas été reconnues, comprises et respectées. La gestion de ce processus relève de la responsabilité du chef d’équipe. Des recherches récentes suggèrent que les leaders formés à la communication interculturelle, quel que soit leur style de leadership, atteignent des niveaux d’excellence supérieurs à ceux qui ne bénéficient pas de cette formation.

• Définir la mission et les objectifs. Les équipes multiculturelles rencontrent souvent plus de difficultés que les équipes homogènes pour s'accorder sur leur mission, leurs buts et leurs objectifs, et surtout pour les percevoir et les assimiler. Par conséquent, pour optimiser l'efficacité de l'équipe, son responsable doit définir, et le cas échéant clarifier, ces objectifs afin que l'équipe dans son ensemble, ainsi que chacun de ses membres individuellement – ​​qui représentent également des perspectives différentes issues de leurs cultures respectives – les comprennent et les adhèrent pleinement. Pour mener à bien cette mission, une solide formation interculturelle est indispensable.

• Équilibrer le pouvoir et l'influence des membres. En règle générale, les équipes de travail produisent davantage d'idées, et de meilleure qualité, lorsque tous leurs membres participent. Par conséquent, la « domination culturelle » (pouvoir disproportionné des membres d'une culture sur les autres) est contre-productive. Les responsables d'équipes multiculturelles doivent veiller tout particulièrement à répartir le pouvoir et l'influence équitablement, en fonction de la capacité de chaque membre à contribuer à l'objectif global de l'équipe, et non en fonction d'autres facteurs tels que l'affinité culturelle ou idéologique, le niveau de développement de leur pays d'origine, etc.

Outre ces recommandations du Dr Adler, les conseils de Paul Orleman, directeur des ressources humaines de la multinationale Rhône-Poulenc, peuvent également s'avérer utiles, notamment les suivants :

• Demandez à chaque membre de l'équipe quelles sont, selon lui, les caractéristiques d'une équipe efficace.

• Préparez et remettez à chaque membre un petit dossier résumant les caractéristiques culturelles de chaque culture représentée au sein de l'équipe.

• Demandez à chaque membre de décrire brièvement un incident ou un défi auquel il a été confronté dans une autre culture et comment il l'a résolu.

• Formez votre équipe aux concepts, techniques et compétences interculturelles de base afin de lui fournir un cadre d'action pour gérer les différences culturelles au sein de l'équipe.

• Après la réunion ou la séance de travail, demandez aux participants de chaque culture comment les choses auraient changé si tous les participants avaient été issus de leur propre culture.

La conclusion est donc claire, et je me permets de la réaffirmer : le secret d'une bonne productivité au sein d'équipes de travail multiculturelles réside, non pas entièrement mais en grande partie, dans la bonne gestion des différences culturelles existantes.

(*) Adler, Nancy J. : Dimensions internationales du comportement organisationnel. South Western, Cincinnati, 2002.






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