La « fuite » des compagnies maritimes vers le Maroc : un défi pour les ports espagnols

 

El Parti Populaire (PP) a fait part de ses inquiétudes au Commission européenne suite à l'annonce que deux grandes compagnies maritimes européennes, Maersk et Hapag-Lloyd, ont décidé de déplacer leurs opérations des ports espagnols d'Algésiras et de Valence vers le port marocain de Tanger Med. Cette décision a suscité des inquiétudes quant à l'impact économique et environnemental qu'elle pourrait avoir pour l'Espagne.

 

La compagnie maritime danoise Maersk a choisi de se passer du port d'Algésiras sur sa route commerciale entre L'Inde et les États-Unis, déplaçant son escale vers le port marocain avec l'objectif affiché d'améliorer les délais de transit. Selon des sources proches de l'entreprise, cette restructuration réduira les temps de transit dans son service de cinq jours en moyenne. MECL, qui relie Inde, Pakistan et Moyen-Orient avec la côte est américaine. Cette nouvelle rotation ne comportera aucune escale dans les ports européens.

 

Cette mesure intervient au moment même où les ports du sud de l'Europe mettent en garde contre le risque potentiel que représente la nouvelle pression fiscale imposée par l'Union européenne sur les émissions des navires (ETS). Cependant, les représentants de Maersk ont ​​souligné que cette décision répondait exclusivement à des raisons commerciales sans rapport avec ladite directive européenne. Ils ont en outre déclaré que « Maersk soutient les initiatives régionales qui promeuvent la transformation verte du transport maritime, y compris l'EU ETS. »

 

En outre, Hapag-Lloyd, une autre grande compagnie maritime européenne, a également décidé de détourner ses escales de Valence vers le Maroc. Compte tenu de ces décisions commerciales, Juan Ignacio Zoido et Borja Giménez, députés du PP, ont envoyé une question écrite à la Commission européenne demandant des informations sur les mesures prévues pour maintenir l'attractivité et la compétitivité des ports européens face à ces défis.

 

Les députés européens populaires soutiennent que ce changement représente « deux cas flagrants de fuite d’émissions de carbone » du fait que les routes détournées seront exemptées du régime européen ETS. Ce système oblige les entreprises à payer leurs émissions à partir de janvier 2024. Pour Zoido, porte-parole du PP à la Commission du commerce international, ce mouvement est un « un sérieux signal d’alarme » sur la manière dont les entreprises peuvent réagir si l'Europe taxe leur activité alors que les pays voisins ne le font pas.

 

Zoido souligne également qu'Algésiras a réussi à dépasser les 100 millions de tonnes transportées pour la neuvième année consécutive grâce en partie aux importantes opérations réalisées par Maersk dans ce bassin andalou. Il prévient donc : "Algésiras est un pôle clé pour l'économie espagnole. » Et il demande de combiner les objectifs environnementaux avec la compétitivité des entreprises.

 

En résumé, cette situation pose un dilemme important pour l’Espagne : concilier des politiques environnementales ambitieuses avec des besoins économiques urgents sans perdre en compétitivité face à l’attractivité logistique croissante offerte par des pays comme le Maroc en dehors de la sphère réglementaire européenne actuelle.

 

 

 

 

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