Les marchés des changes semblent être dominés par une faible propension au risque.

Ebury, perspectives hebdomadaires sur les devises

Les marchés des changes semblent être marqués par une faible propension au risque, les investisseurs continuant de réduire leurs positions longues record sur le dollar américain. Malgré les mauvaises nouvelles en provenance de la zone euro, l'euro et la livre sterling se sont appréciés de plus de 1 % face au dollar la semaine dernière.


La volatilité n'a pas affecté le marché des changes aussi durement que les autres marchés financiers. L'aversion au risque a fait un retour en force, entraînant une forte dépréciation des actions, des matières premières et des obligations à risque élevé. Les actions mondiales affichent désormais une performance annuelle stable, tandis que les matières premières et les obligations enregistrent déjà des pertes annuelles.

 

 

GBP

Les indicateurs économiques britanniques continuent d'afficher des signes mitigés, laissant présager un possible ralentissement de la croissance au second semestre. Le secteur manufacturier subit de plein fouet les conséquences du nouvel affaiblissement de la zone euro. La production industrielle stagne, contre une croissance à un chiffre au deuxième trimestre. Sur le marché immobilier, les restrictions sur les prêts risqués semblent peser lourd : un peu plus de 28 % des établissements de crédit ont assoupli leurs conditions d'octroi de crédit au troisième trimestre, atteignant des niveaux inédits depuis la crise financière de 2008. Dans ce contexte, il est difficile d'imaginer comment les prix de l'immobilier pourraient continuer à progresser. Néanmoins, ces données confortent pleinement notre analyse selon laquelle la Banque d'Angleterre ne relèvera pas ses taux d'intérêt avant avril ou mai 2015. En effet, à moins d'une amélioration rapide de la situation dans la zone euro, cette prévision s'avérera prématurée.

 

EUR

Les nuages ​​qui planaient sur l'économie de la zone euro se sont considérablement assombris suite à la publication des données de la semaine dernière. La production industrielle allemande a fortement chuté, tout comme ses exportations. L'Italie et la France ont également enregistré de faibles chiffres de production industrielle. Nous estimons désormais qu'une croissance nulle au troisième trimestre pour l'ensemble de la zone euro est une possibilité réelle. Plus inquiétant encore que ces indicateurs négatifs est l'absence de tout signe d'assouplissement de la politique d'austérité de l'Allemagne, malgré la pression croissante exercée par la France, l'Italie et désormais la BCE elle-même, sous la direction de son président, M. Draghi.

Suite aux données de la semaine dernière, nous réaffirmons notre opinion selon laquelle il est probable que la BCE prenne de nouvelles mesures énergiques, soit le mois prochain, soit en décembre, et que la tendance à l'affaiblissement de l'euro se poursuivra dès le retour des positions longues extrêmes sur le dollar.

 

USD

Très peu de données économiques significatives ont été publiées la semaine dernière aux États-Unis. Certains indicateurs du marché du travail (demandes hebdomadaires d'allocations chômage et enquête JOLTS sur les offres d'emploi) laissaient entrevoir un renforcement de ce marché, qui pourrait facilement passer des 225 000 créations d'emplois par mois observées ces six derniers mois à un chiffre plus proche de 300 000.

 

Source : Ebury

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