Le Panama va agrandir son canal. Cette décision a été approuvée par 78 % de la population, qui a voté en faveur du nouveau projet d'agrandissement conçu par les autorités du pays. Le canal assure actuellement 5 % du commerce mondial et constitue la principale voie de communication entre l'Asie et les États-Unis.
À tel point que, depuis que le Panama a pris le contrôle du canal en 1999, le produit intérieur brut (PIB) du pays a atteint 2 246 dollars par habitant, un taux nettement supérieur à celui du reste de la région, et ce sans avoir développé de tissu industriel autre que l'exploitation de cette voie navigable interocéanique.
Le gouvernement et les représentants des autres secteurs politiques, sociaux et économiques qui ont défendu ce projet ont assuré que sa mise en œuvre conduirait à un développement qui ferait du Panama un pays du premier monde.
« Nous avons jeté les bases pour bâtir ensemble un pays meilleur », et maintenant la possibilité s'ouvre de « surmonter la honte d'avoir une nation où 40 % des enfants vivent dans la pauvreté », a déclaré le président panaméen Martin Torrijos après l'annonce des résultats du référendum qui s'est tenu dimanche.
Le projet approuvé prévoit la construction d'un troisième ensemble de deux écluses sur le canal, plus grandes que les actuelles, grâce à un investissement de plus de 5.000 milliards de dollars, la création de milliers d'emplois et une durée de huit ans à compter de 2007, année où son exécution doit débuter.
Le pays connaît actuellement une période de prospérité économique sans précédent, grâce aux investissements récents dans le secteur touristique et à un marché immobilier florissant dans la capitale. Les perspectives de croissance économique pour cette année et l'année prochaine sont supérieures à 7 %. Malgré cela, 40 % de la population vit dans la pauvreté, selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Le gouvernement panaméen entend accroître les recettes du canal en augmentant le trafic, rendu possible par les nouvelles écluses, et en relevant les tarifs de péage. Selon les estimations gouvernementales, les fonds ainsi générés permettront d'investir dans le développement social du pays et, à terme, de le hisser au rang des nations développées.

