Suite à la chute de la dictature de Pinochet et à l'instauration de la démocratie en 1991, le Chili s'est engagé résolument en faveur de sa stabilité politique et de son ouverture économique, devenant ainsi l'une des destinations les plus importantes pour les investissements étrangers en Amérique latine, avec une hausse de 60,5 % l'an dernier. Le gouvernement a déployé des efforts de promotion remarquables, appuyés par un régime fiscal très avantageux pour les entreprises étrangères.
Par ailleurs, selon les évaluations de RIC Group Consultores, les opérations de financement du commerce extérieur et de change sont actives et efficaces par rapport à celles des autres marchés de la région.
L'Espagne a joué un rôle majeur à cet égard, devenant le quatrième investisseur étranger du pays en termes de volume de capitaux. Actuellement, 400 entreprises espagnoles sont implantées au Chili, initialement de grandes sociétés qui ont depuis laissé place à des PME.
Fin mai, lors de sa visite officielle en Espagne, le président chilien Ricardo Lagos a rencontré douze représentants espagnols d'entreprises ayant réalisé les plus importants investissements au Chili, parmi lesquelles Telefónica, Endesa, Repsol YPF, OHL et Banco Santander. Selon les chefs d'entreprise, la réunion a été fructueuse et a réaffirmé leur confiance dans le développement économique du pays ainsi que leur intention de poursuivre leurs investissements. Dans certains cas, cette présence espagnole sur le marché chilien constitue un prélude à une expansion vers d'autres pays d'Amérique latine.
Toujours en mai, le Comité de coopération commerciale hispano-chilien s'est réuni et, tout en soulignant les atouts du cadre réglementaire chilien pour le développement des entreprises, a insisté sur la nécessité de rationaliser et d'améliorer l'efficacité du système administratif du pays andin. Le Comité a toutefois mis en avant les facteurs qui font du Chili un lieu idéal pour les entreprises espagnoles. Parmi ceux-ci figurent la hausse de la demande et de la consommation intérieures, les politiques budgétaires et monétaires expansionnistes mises en œuvre ces dernières années, la réduction du déficit public, la maîtrise de l'inflation et le renforcement de l'euro.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont considérablement augmenté ces dernières années, grâce aux accords signés par le gouvernement chilien avec d'autres pays et blocs économiques. Il convient de souligner l'Accord de libre-échange avec les États-Unis, signé en 2002, qui a transformé le marché chilien en une plateforme solide et stable pour accéder au marché nord-américain. L'année dernière, l'Accord sur [information manquante] est entré en vigueur.
L'association entre le Chili et l'Union européenne englobe la coopération politique et économique, ainsi que le libre-échange entre les deux blocs. Enfin, il convient de souligner l'importance de la convention de non-double imposition entre l'Espagne et le Chili, dont les objectifs sont de réduire la pression fiscale, d'abaisser les taxes sur les transactions impliquant des échanges de technologies entre les deux pays et de libéraliser la fiscalité des échanges de services, tout en créant un cadre pour le traitement des questions fiscales.
Borja Rengifo, conseiller commercial à l'ambassade d'Espagne au Chili, constate que les investissements espagnols dans le pays se concentrent principalement dans le secteur des services (énergie, télécommunications, banque et distribution d'eau), les projets d'infrastructure en concession (autoroutes, aéroports et travaux publics) et, dans une moindre mesure, dans les secteurs de l'agroalimentaire et des biens de consommation (vêtements, chaussures, optique, etc.). Par ailleurs, la diversification de l'économie chilienne offre des perspectives intéressantes pour les investissements espagnols dans les secteurs minier, agroalimentaire et touristique.
Le secteur du tourisme a enregistré des chiffres exceptionnels l'an dernier, avec une hausse de 30 % du nombre de visiteurs étrangers par rapport à 2002. Cette croissance est largement due à la campagne de promotion touristique menée par le gouvernement chilien, principalement en Europe, aux États-Unis, au Mexique et au Brésil, qui représente un investissement public conséquent. Au premier trimestre, si l'on considère uniquement les touristes espagnols, les arrivées de touristes dans le pays andin ont progressé de 24,5 %. C'est pourquoi le potentiel du secteur a attiré l'attention de nombreux investisseurs étrangers, notamment espagnols.
Outre des initiatives telles que celle de la Chambre de commerce de Madrid, qui organise une mission commerciale au Chili en juillet prochain, il convient de souligner la Réunion de coopération commerciale, qui se tiendra du 24 au 27 novembre dans les régions du Chili et mobilise les chambres de commerce espagnoles par le biais de CORFO, l'agence chilienne pour la promotion des investissements.



