L'Union européenne à 27 est une réalité depuis le 1er janvier, date à laquelle la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'Union européenne en tant que membres à part entière, bien que sous surveillance temporaire. En effet, plusieurs pays maintiennent des restrictions, notamment l'absence totale de liberté de circulation pour les travailleurs roumains et bulgares. L'Espagne fait partie des États membres qui ont imposé un moratoire à cet égard et refusent d'ouvrir pleinement leurs frontières aux travailleurs roumains pendant deux ans. Néanmoins, leur situation sera meilleure que celle des immigrants originaires de pays hors UE.
« Cela s'ajoute aux ruines du mur de Berlin », a déclaré Olli Rehn, commissaire à l'élargissement, dans la ville roumaine de Sibiu, qui, avec le Luxembourg, sera capitale européenne de la culture en 2007. En effet, l'Union européenne compte désormais dix membres qui se trouvaient de l'autre côté du rideau de fer.
L'admission de ces deux nouveaux pays, qui partagent désormais droits et obligations avec 25 autres États membres, a suscité un certain soulagement. Cependant, certains membres occidentaux ont exprimé des inquiétudes. Certains estiment que l'UE s'élargit peut-être trop, tandis que d'autres s'interrogent sur les avantages que représente l'arrivée de nouveaux membres. La Roumanie et la Bulgarie sont des pays relativement pauvres, et de nombreux critiques pointent du doigt la persistance de la corruption et le déclin moral dans la vie publique de ces deux anciennes républiques soviétiques. Ensemble, ils ajouteront 30 millions d'habitants à la population de l'UE, la portant à 490 millions, mais leur contribution à la production économique ne représentera qu'à peine 1 % de celle-ci.
Diverses critiques et craintes
Les économies roumaine et bulgare affichent toutes deux une croissance soutenue et sont confiantes que les avantages liés à l'appartenance à l'Union européenne viendront encore renforcer cette croissance, que seule une mauvaise gestion et l'implication d'éléments criminels et corrompus pourraient compromettre. Ces deux pays rejoignent l'Union avec les revenus les plus faibles (un tiers seulement de la moyenne européenne) et souffrent d'infrastructures obsolètes, de technologies défaillantes et d'un système éducatif insuffisant. Pour toutes ces raisons, les observateurs occidentaux craignent également que les difficultés rencontrées par les nouveaux membres n'entraînent une nouvelle vague d'immigration, à l'instar de l'exode des Polonais et autres Européens centraux après le premier élargissement vers l'Est en 2004. Sur le plan administratif, plusieurs gouvernements nationaux ont exprimé des inquiétudes quant à la gouvernabilité de l'UE-27 sans une restructuration bureaucratique à Bruxelles, puisque les 53 nouveaux députés européens viendront s'ajouter aux 732 déjà en fonction au Parlement européen.





