Russie : un géant qui commence à se réveiller

Au cours de l'année écoulée, la Russie a poursuivi la consolidation de sa jeune démocratie. Les élections à la Douma d'État, tenues en décembre 2003, ont vu la victoire du parti Russie unie de Vladimir Poutine, non sans susciter certaines inquiétudes de la part de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) quant à leur équité et leur transparence. Plus tard, lors des élections présidentielles de mars 2004, Poutine a été réélu président, apportant un soutien considérable à la politique de son gouvernement.
Hormis les actions terroristes des rebelles tchétchènes, la situation politique intérieure est stable. Grâce au soutien obtenu lors des élections, le Kremlin pourra mettre en œuvre les réformes nécessaires pour garantir une démocratie et un cadre juridique plus transparents.
La Russie est le premier producteur et exportateur mondial de gaz naturel, détenant 30 % des réserves mondiales et couvrant 22 % de la demande totale. Deuxième producteur mondial de pétrole, avec près de huit millions de barils par jour, la Russie continue de profiter de la hausse des prix du pétrole brut. Les prévisions de croissance économique sont régulièrement revues à la hausse, les exportations de ces deux produits représentant 55 % des recettes en devises. Le taux de croissance devrait atteindre, voire dépasser, 7 %, après s'être stabilisé autour de 5 % ces dernières années.
Cette croissance est inégalement répartie, la production agricole ayant chuté de 8 % en 2003 tandis que la production industrielle progressait de 7 % sur la même période. Il en va de même pour la répartition des richesses, l'économie étant dominée par quelques conglomérats. L'opinion publique est peu favorable à ce groupe d'entrepreneurs prospères, et les poursuites judiciaires engagées contre Yukos Oil et ses principaux actionnaires semblent annoncer la suite des événements. Le cadre juridique applicable aux entreprises est opaque et peu fiable, ce qui engendre la méfiance des investisseurs, tant nationaux qu'étrangers. Pour toutes ces raisons, une réforme du système judiciaire est impérative.
Les perspectives économiques sont globalement bonnes, et la gestion relativement prudente du président Poutine permettrait de maîtriser même une baisse significative des prix du pétrole. Grâce à des fondamentaux économiques solides, et notamment aux excédents commerciaux, le risque pays est actuellement considéré comme très favorable. L'inflation, qui se situe actuellement entre 10 et 12 %, diminue lentement et devrait se situer entre 8 et 10 % en 2004. Les réserves internationales sont importantes et la dette extérieure, faible, continue de baisser, notamment grâce aux prix élevés du pétrole.
Les principales sources de devises étrangères sont le pétrole et le gaz naturel (55 %), la métallurgie (24 %) et la construction de machines (8 %), l'Union européenne (35 %) étant la principale destination de ses exportations. Les importations, quant à elles, se concentrent sur trois secteurs : les biens d'équipement (36 %), l'agroalimentaire (24 %) et la chimie (21 %).
Bien que le risque pays soit faible, comme nous l'avons évoqué, le risque commercial persiste, principalement en raison de la nécessité de poursuivre les réformes économiques, du faible niveau d'investissement, de la forte dépendance au secteur de l'énergie et de la faible rentabilité des autres secteurs.
L'un des points faibles de l'économie russe réside dans son secteur financier. Ce dernier est très fragmenté, sous-capitalisé et souffre d'une très faible liquidité. Le secteur bancaire est structuré en deux niveaux : la Banque centrale de Russie (BCR) et les banques commerciales. Les autorités devraient renforcer leur contrôle sur les plus de 1 500 banques actuellement en activité. La banque d'investissement publique Sberbank détient 60 % des dépôts privés et, avec la banque publique Vneshtorgbank, elle est l'une des rares banques immédiatement reconnues par la communauté financière internationale pour l'émission de lettres de crédit ou de garanties bancaires.
Dans les échanges commerciaux avec la Russie, on observe une tendance croissante au protectionnisme par le biais de mesures non tarifaires, principalement par la création de barrières fondées sur des exigences de certification, d'homologation et de normalisation.
Les défis auxquels le gouvernement est confronté sont de la plus haute importance, car un grand nombre de réformes économiques sont encore en suspens, telles que la réforme récemment lancée du système bancaire, la réforme du secteur de l'énergie, la garantie des droits de propriété et la lutte contre la corruption.
La Russie offre donc de nombreuses opportunités aux investisseurs et exportateurs espagnols. Il leur suffit d'un partenaire capable de les accompagner dans la gestion professionnelle de leurs risques commerciaux. Il est important de garder à l'esprit la complexité de ce marché, où la prudence est de mise. Une certaine expérience du marché est donc essentielle.
Forts de notre longue expérience chez Atradius, nous avons suivi de près la croissance de cette économie. Grâce à notre bureau sur place, nous possédons une connaissance approfondie du marché. Nos résultats en matière de gestion et de prévention des risques commerciaux sont exceptionnels. De plus, l'efficacité de nos spécialistes du recouvrement de créances nous permet d'obtenir d'excellents résultats pour nos clients. C'est pourquoi Atradius propose désormais une couverture export à ses assurés et les accompagne dans leur développement sur ce marché.

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