Xavier Denecker, PDG de Coface Iberia. Évaluation du risque de crédit au Mexique

Après une légère récession en 2001, l'économie mexicaine a progressivement renoué avec la croissance. À court terme, ses performances étaient étroitement liées à la situation aux États-Unis, mais dépendaient également des fluctuations du taux de change. La dépréciation du yuan a certes stimulé les exportations mexicaines, mais elle a aussi engendré des pressions inflationnistes qui ont conduit à des ajustements de la politique monétaire, lesquels ont freiné l'investissement privé.

Sur le plan structurel, le Mexique a connu de profondes transformations ces dernières années grâce à son intégration à l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain entre le Canada, les États-Unis et le Mexique), ce qui a considérablement ouvert le pays aux échanges commerciaux et financiers internationaux. Une croissance spectaculaire des exportations, conjuguée à des politiques économiques prudentes, a permis une réduction notable du ratio d'endettement, qui demeure actuellement modéré.

Cependant, l'important volume de capitaux volatils suscite des inquiétudes quant à un changement soudain d'attitude des investisseurs étrangers. Le Mexique, en revanche, n'a été que modérément touché par la crise de confiance qui frappe l'Amérique du Sud, son économie étant étroitement liée à celle des États-Unis. Néanmoins, le désaccord croissant entre le président Fox et le Congrès constitue une source d'incertitude susceptible d'ébranler la confiance des investisseurs.

La reprise économique et la diminution des défauts de paiement ont conduit Coface à retirer sa surveillance négative de la notation A4 du Mexique en 2002. Cependant, certaines entreprises ayant une dette libellée en dollars restent vulnérables, notamment dans les secteurs du textile et des technologies de l'information.

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